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Alimentation: face à la hausse des prix, le succès grandissant des magasins de déstockage

Le déstockage séduit de plus en plus de Français qui tentent de réduire au maximum leur facture de produits alimentaires. Une note toujours plus salée en raison de l'inflation.

Face à l'inflation toujours grandissante en France, tout le monde tente de réduire aux maximum ses dépenses, et notamment dans le domaine alimentaire. Face à la hausse des prix dans les rayons des supermarchés, de plus en plus de clients se tournent vers les supermarchés de déstockage où l’on trouve des produits à prix réduits. C’est le cas de l'enseigne "Mes bonnes courses" à Marsannay-la-Côte, située à quelques kilomètres de Dijon. Ce magasin propose des produits déstockés ou avec des dates limites de consommations réduites.

Depuis plusieurs mois, les clients sont de plus en plus nombreux dans ce supermarché, comme nous avons pu le constater. Dans les 300 m2 de rayons, les produits sont présentés sans fioritures, directement dans des cartons.

"Je gagne au moins 30% par rapport aux supermarchés"

Viandes, yaourts, surgelés ou boissons sont vendus entre 10 et 40 % moins chers qu’en supermarché traditionnel. C’est ce qui pousse Dominique, une retraitée dijonnaise, à venir faire ses courses ici, séduite notamment par les prix sur les fromages. Un euro de moins sur un camembert entier, ce n'est pas négligeable.

Des produits alimentaires de marques françaises ou étrangères qui séduisent deux autres personnes, venues faire leurs achats avant une fête de famille. "Ici, ça vaut le coup. Je gagne au moins 30% par rapport aux supermarchés. C'est un moyen de garder un peu pour faire des choses à côté", expliquent Laurence et Claudine.

Ce magasin de déstockage ouvert en 2015 permet à de plus en plus de clients de limiter leur budget nourriture, comme le confirme Simon Oertly, directeur de ce magasin.

"On a de plus en plus de gens, différents types de personnes, des seniors, des étudiants... Pour avoir ces prix, ça vient du rachat de la surproduction de l'industrie alimentaire. L'agro-alimentaire a toujours de la surproduction pour pallier à la demande variante de la grande distribution. Et on rachète également les produits concernés par des 'litiges de transport', ça peut un colis écrasé, un retard en livraison... Les dates limite de consommation sont parfois un peu plus courtes donc on rachète moins cher et on en fait bénéficier nos clients."

"Les grandes surfaces devraient se remettre en question"

"Tout se calcule pour ne pas finir dans le rouge", concède Christelle, sans emploi en pension d'invalidité avec deux enfants à charge. "On a changé notre façon de consommer dans le sens où on prend ce qu'on a besoin en quantité plus raisonnable. C'est une solution pour défendre le pouvoir d'achat. Ces solutions, il n'y en a pas assez. Les grandes surfaces devraient se remettre en question", selon elle.

Ce magasin à prix cassés, c’est aujourd’hui le seul dans l’agglomération dijonnaise. Son gérant est sollicité par des commerçants qui envisagent eux aussi de se lancer. Plusieurs épiceries de déstockage ont ouvert ces derniers mois un peu partout en France.

Nicolas Ropert et Léna Marjak (édité par J.A.)