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Crise énergétique: les Français vont-ils pouvoir payer leurs factures d'électricité?

Les prix du mégawattheure augmenter fortement. Alors que le bouclier tarifaire est prévu pour durer jusqu'à la fin de l'année 2022, les Français sont inquiets sur les factures pour 2023. Alors que certains prônent la désobéissance civile, d'autres voient leurs échéanciers flamber.

La peur d'ouvrir sa boîte aux lettres ou sa boîte mail. La crainte de découvrir son nouvel échéancier d'électricité. Ces derniers mois, les prix de l'énergie flambent. Le prix de gros de l'électricité a été multiplié par douze en un an. On est passé de 85 euros le megawattheure à 1000 euros aujourd'hui.

Une hausse de prix qui ne "correspond à rien", pour Mathieu Lassagne. Ce spécialiste de l'énergie, président de ZE Energy, estime que cette montée du coût du megawattheure est du uniquement "à de la spéculation", ce qui "traduit l'incertitude" sur les mois à venir.

"Don't pay"

La situation pourrait donc être insoutenable pour de nombreux Français dans les mois à venir pour de nombreuses entreprises aussi et de nombreuses collectivités. Le maire communiste de Montataire (Oise), Pierre Bosino, menace par exemple de ne plus payer. Une copropriété de Seine Saint de Denis menace de la même chose: leur facture va passer de 600 à 700.200 euros l'hiver prochain.

Au Royaume Uni, il y a même un mouvement de désobéissance civile qui prend de l'ampleur: le mouvement "Don't pay". Traduction : ne payez pas. Là-bas les prix vont bondir de 80 % à partir du mois prochain. Concrètement pour un foyer de trois personnes, il leur faudra débourser plus de 4 000 euros chaque année pour se chauffer ou s'éclairer.

La France protégée par le bouclier tarifaire

En France, il n'y a pas de flambée aussi importante que chez nos voisins car nous sommes protégés par un bouclier tarifaire. Mis en place à l'automne dernier, il a permis de réduire de moitié l'impact de cette flambée des prix. Bonne nouvelle pour les Français: il est bien maintenu jusqu'à la fin de l'année. Les augmentations sur nos factures ne doivent donc pas dépasser les 4%. Mais ça ne vaut que pour les Français qui ont des abonnements au tarif réglementé.

Pour les huit millions de Français qui ont souscrit un abonnement alternatif et dont le tarif est indexé sur le prix du marché, la situation est bien différente. car les prix varient en fonction de la bourse. Là, la facture peut être salée. Il faut donc bien vos courriers et vos mails. Certains fournisseurs alternatifs ont même déjà conseillé à leur client de souscrire un abonnement chez EDF.

Le gouvernement veut amortir la flambée

Le gouvernement se veut rassurant. Vendredi, Agnes Pannier-Runacher, la ministre de la transition énergétique a promis que le gouvernement amortira une partie de l'augmentation des prix en 2023. "On ne laissera pas s'envoler les prix de l'énergie", avait déjà dit Elisabeth Borne, la semaine dernière. Il y aura sans doute des aides plus ciblées. Peut être un chèque énergie pour les plus modestes.

Mais pour certains, la facture risque de s'emballer tout de même. Manu est traiteur. Auditeur de RMC, il a appelé pour réagir à ce débat. Il témoigne d'une facture qui est passée de 441 euros par mois au mois de mai à 722 euros en août. "Le pire c'est toutes les petites annexes où la hausse est exorbitante" explique-t-il. Le revers de cette flambée: il risque de se séparer d'un de ses quatres employés pour payer la facture.

Margaux Bourdin et Maxime Martinez