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Energie: après des mois de difficultés, la France est redevenue exportatrice nette d’électricité

Alors qu'elle est historiquement le premier pays exportateur d'Europe, la France a dû acheter massivement de l'électricité à la fin de l'année 2022, pour satisfaire ses besoins. C'est désormais fini, car depuis le 1er janvier 2023, la France a retrouvé son rang et a exporté l'équivalent de la consommation de 450.000 foyers en un an.

Au cœur de l’automne et notamment pendant la vague de froid du milieu du mois de décembre, la France a dû acheter massivement de l’électricité à ses voisins européens. C'était un fait rare pour ce pays, historiquement le premier en termes d'exportations d'électricité.

Finalement, depuis le 1er janvier 2023, la France a retrouvé son rang et a exporté vers ses voisins européens l’équivalent de la consommation de 450.000 foyers en un an. Cela correspond à la consommation annuelle de Marseille, par exemple.

Cette inversion de tendance s'explique par la remontée en puissance de la production nucléaire: EDF a remis en route pas moins de 14 réacteurs nucléaires depuis le 1er novembre.

Plus personne ne redoute les coupures d'électricité

La douceur hivernale joue aussi un rôle, car cela évite de pousser le chauffage. Il y a aussi les efforts de sobriété faits par les entreprises et les ménages. Enfin, il y a des vents favorables qui permettent aux éoliennes de tourner à plein régime.  

Même si la disponibilité du parc nucléaire devrait décroître à nouveau à partir de février, plus personne ne redoute de coupures d’électricité.

Les prix de l’électricité sur le marché, là où se fournissent les distributeurs, qui nous revendent après l’électricité, baissent déjà. De 50 euros/MWh en début d’année 2021, le prix de gros est passé à 222 euros/MWh en décembre 2021. Au cours de l'été 2022, il a pu monter jusqu'à 700 euros. On est retombé aujourd’hui autour de 100 euros.  

Si ce plongeon se confirme, il mettra du temps à se répercuter sur nos factures. Surtout pour les trois-quarts des ménages qui sont au tarif réglementé, qui n’est revu que 2 fois par an. Et encore faut-il que ces révisions aboutissent à des prix inférieurs aux prix garantis par le bouclier.

Emmanuel Lechypre