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Face à l'inflation, un Français sur deux change de plan pour les vacances d'été

A quelques semaines de l'été, l'heure est aux préparations des vacances. Des préparations chamboulées pour un Français sur deux qui change ses plans face à la crise de l'inflation.

Nous y sommes presque: les vacances d’été approchent. Dans quelques semaines, retour à la plage, en famille, dans des maisons ensoleillées, loin… Ce décor idyllique n'est que pour ceux qui le peuvent. Face à l’inflation, 55% des Français ont décidé de changer leurs plans initiaux pour leurs vacances estivales.

Laetitia est maman d’un garçon de 11 ans et vit du RSA. Cette année, pas de gros voyage pour elle et son fils. Pour prendre le soleil, ça sera dans sa famille, dans le Sud. Comme ça, elle n'a pas d’hôtel à payer. Mais même pour ça, "ça fait longtemps qu’on met un peu de côté": elle a dû l’anticiper.

"Déjà rien qu’en péage, essence, aller retour y’en a déjà pour presque 400 euros. Donc déjà ça calme ! Plus les dépenses, une glace par ci,... il faut y penser bien avant."

Frédéric travaille toute l’année dans un chantier. Avec la hausse du prix du carburant, le pouvoir d’achat qui baisse, il a dû changer ses plans pour ses vacances cette année: pas de vacances à l'étranger, "vu le coup des billets d'avion", mais des vacances "en bord de plage et camping."

Et encore, pour lui, avec ses quatre enfants, ça reste un budget:

"Une semaine de camping c'est 1.500 euros. Deux semaines c'est 3.000. Plus les frais à côté, ça fait vite 5.000 euros. Et je suis resté en France et je n'ai pas fait grand-chose."

La saison du camping

Mais Frédéric n’est pas le seul à avoir privilégier le camping cette année, qui font presque tous le plein cette année. Avec des niveaux de réservations supérieures à 2019.

"2022 s’annonce comme une très bonne saison", explique Nicolas Dayot, président de la fédération nationale de l’hôtellerie de plein-air.

"Les gens ont réservé plus vite. Ils ont besoin de plus de vacances et ont anticipé que les Français vont partir plus en France et donc ont réservé plus vite pour avoir de la place", explique-t-il.

Didier Arino, invité de la Matinale week-end de RMC explique l'impact de l'inflation sur les vacances des Français en un chiffre: "les vacances vont coûter 12% plus cher cette année"

"Partir en vacances, pour beaucoup de Français, ça suppose des sacrifices et des arbitrages", explique-t-il.

Fréquentation en hausse, budget vacances en hausse

Dans cette période anxiogène, les vacances sont nécessaires pour les Français. "C'est ancré dans la culture des Français depuis les congés payés", explique le dirigeant de Protourisme qui constate cette année que "la fréquentation est en hausse". "Les opérateurs de tourisme sont en avance de 18% de chiffre d'affaire par rapport à 2019, c'est considérable."

Pour partir en vacances, le budget moyen des Français va aussi augmenter: "1.900 euros pour une famille de quatre personnes", explique Didier Arino. Pour amortir le coût du transport et la hausse du prix de l'essence, "on remarque que les Français préfèrent partir sur une période plus longue, mais moins loin" pour "éviter la multiplication des courts séjours", note le dirigeant de Protourisme.

Vacances en famille

Mais il n'y a pas que l'inflation: la pandémie a aussi rebattu les cartes des vacances. Trop longtemps privés de nos proches, les Français veulent voir leur famille: c'est le but de 70% des départs en vacances. Didier Arino parle même d'un "retour de la convivialité".

Tant pis si le prix pour y aller a doublé. Voir ses proches vaut bien quelques concessions. "On serre la ceinture un petit peu", explique une mère de famille qui va partir au Maroc avec sa fille cet été.

Autre tendance avec l'inflation: "sacrifier le restaurant et se faire à manger", note le directeur de Protourisme. Une partie des classes populaires prévoit en effet plus de piques-niques que de restos, des activités gratuites plutôt que du pédalo à plusieurs dizaines d’euros la journée.

Parce que la situation est incertaine, et pas que pour le Covid, les Français seront sobres en matière de dépense selon le sociologue Jean Viard:

"On a été punis par la pandémie, il y a la guerre en Ukraine qui fait qu'on a envie de débrancher. On va avoir une année extraordinaire, car les Français épargnent en réalité."

Malgré cela, il reste des Français qui ne vont pas profiuter des congés. 30% des Français ne partiront pas en vacances cette année.

Angèle Chatelier et Maxime Martinez