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"Financièrement, c’est trop compliqué": est-ce devenu un luxe de partir en vacances?

Selon une étude OpinionWay pour Stairwage publiée ce vendredi matin, près de la moitié des Français font face à des difficultés financières pour partir en vacances cet été.

Les deux derniers étés avaient été gâchés par le Covid. Et cette année, c'est l'inflation qui menace nos vacances estivales… D'après une étude OpinionWay pour Stairwage publiée ce vendredi matin, 46% des Français rencontrent des difficultés financières pour organiser leurs vacances, voire décident de ne pas partir. Et 59% des Français disent avoir des difficultés à organiser leurs vacances à cause de l'inflation. Ils sont aussi plus de 35% à rencontrer des difficultés à avancer l’argent pour payer les arrhes de location du logement de vacances. Car les prix des locations et des transports explosent. Un billet d'avion, par exemple, a augmenté de 10,8% sur un an en moyenne, d'après les chiffres de la direction générale de l'aviation civile. Pour un billet de train, c’est +14,6% en moyenne selon l'Insee.

Pour Zenhya, rencontrée par RMC en Seine-et-Marne, "financièrement, c’est vraiment trop compliqué" de partir en vacances. Pour la première fois de sa vie, cette animatrice, payée au Smic, ne va donc pas partir pendant l'été. "J’ai regardé dans le Sud, pour un week-end, explique-t-elle. Juste pour deux nuits, c’était 500-600 euros, sans le repas, les activités… Il faut aussi compter le prix des transports."

Marie-France, elle, part d’habitude en Tunisie. "Cette année, malheureusement, on ne pourra pas partir, confie-t-elle. Il faut compter entre 400 et 500 euros." Soit près de 100 euros de plus que l’an dernier. Et pour ceux qui peuvent se permettre de prendre l'avion, comme Misa, il faut trouver des solutions pour limiter les autres dépenses. "Je pars en Tunisie, j’ai pris un billet et j’ai payé en trois fois, indique-t-elle. D’habitude, on le paye en une fois. J’ai des amis qui pourraient m’héberger aussi. Et le midi, c’est plus simple de faire à manger nous-mêmes plutôt que d’aller au resto."

Moins de dépenses sur place

Beaucoup de Français adopteront la même technique pour ne pas trop dépenser, prévoit Didier Arino, le directeur du cabinet Protourisme: "Les arbitrages que font les Français ne sont pas tant sur le fait de partir ou de ne pas partir. Ça reste dans les chiffres standards des années précédentes. En revanche, pour 30% des partants, compte-tenu de l’augmentation des prix des hébergements, ils devront faire attention à toutes les autres dépenses. Ça aura une incidence sur la consommation touristique des lieux de destination". Et il estime que la fréquentation touristique de certains lieux pourrait fortement diminuer après l'été, à partir de septembre, si les prix des transports et des locations ne diminuent pas.

LP avec Martin Bourdin