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Marseille: face au manque de personnel, les restaurants recrutent des Ukrainiens

Alors que la saison estivale débute, près de 3.000 postes sont vacants dans le secteur de la restauration et de l'hôtellerie à Marseille. Un job dating a été organisé à bord d'un ferry qui abrite près de 400 Ukrainiens, réfugiés de la guerre.

Alors que la haute saison s’ouvre vraiment avec ce long week-end de l’Ascension, les hôteliers restaurateurs peinent toujours à trouver du personnel. Il manquerait 250.000 à 300.000 saisonniers.

A Marseille, plus de 3.000 postes sont à pourvoir dans les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration. C'est pourquoi les professionnels ont décidé de se tourner vers les Ukrainiens réfugiés en France. 85.000 selon les derniers chiffres de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii). Un job dating a été organisé, par l'UMIH 13, à bord du Méditerranée, le ferry qui loge 400 Ukrainiens, pour mettre en relation les professionnels du territoire et les réfugiés en recherche d'emploi.

Vira, 50 ans, est arrivée en France il y a un mois avec sa fille de 15 ans. Cuisinière de profession, elle a été embauchée, comme chef en second, au restaurant La Gratinée, à Marseille.

"Je suis très contente d’être à Marseille. J’ai envie de rester ici, ma fille va au collège. Ça se passe très bien au restaurant, j’aime ce travail. Je communique avec les autres employés avec des signes, quelques petits mots, on arrive à se comprendre même si parfois ça reste encore un peu difficile", explique-t-elle.

Répondre à la demande

Vira ne parle effectivement ni français, ni anglais. Et Dominique, qui gère l’équipe en cuisine, a dû trouver des solutions. “On travaille avec notre petit téléphone qui nous permet de pouvoir traduire. Donc le matin, on lui montre ce qu’on veut qu’elle fasse et elle travaille, elle s’intègre à l’équipe”, indique-t-elle.

Ce recrutement, c’est l’Union des hôteliers-restaurateurs des Bouches-du-Rhône qui l’a initié, dont Bernard Marty est le président.

“C’est des gens qui ont quelque part des formations, qui ont bossé dans des restaurants, dans des cliniques enfin dans des tas d’endroits. Si on arrive à mixer ce personnel pour qu’on puisse être ouvert midi et soir pendant la période estivale, c’est bien. Dès lors qu’on entre dans la saison et que la demande est énorme, on va utiliser tous les talents qui sont à notre disposition”, appuie-t-il.

Pour l’instant, Vira confectionne surtout des petits plats simples en attendant de mieux maîtriser les secrets de la cuisine provençale.

Lionel Dian avec Guillaume Descours