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Pas de promos à 50%: Christiane Lambert défend et explique le refus des agriculteurs

Présidente de la FNSEA, Christiane Lambert explique ce mercredi dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story pourquoi les agriculteurs ont refusé la proposition émise par Bruno Le Maire sur des "super promos" à 50% dans l’alimentaire.

Il n’y aura pas de produits en vente à -50% dans l’alimentaire. Les agriculteurs ont dit non, après que Bruno Le Maire a envisagé d’autoriser ces "super promos" pour aider les consommateurs à faire face à l’inflation. "Ça nous paraissait complètement incongru de faire cette proposition alors que la loi alimentation a à peine deux ans et n’a pas encore porté tous ses fruits, explique Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, dans "Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story. Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Ce n’est pas aux agriculteurs français de se serrer encore plus la ceinture et de se mettre en rouge, en faillite pour certains, parce qu’il y a un problème de pouvoir d’achat. Je comprends le problème du pouvoir d’achat, mais ce que proposait Bruno Le Maire n’est pas la bonne solution."

"Il y a des marges à trouver ailleurs"

"Tous les Français, depuis huit ans, voient les prix de l’alimentation baisser, ajoute la patronne du syndicat agricole. C’est -1% par an depuis huit ans, ça a conduit beaucoup d’exploitations en faillite. Peut-on continuer ainsi ? Vous ne pouvez pas vous lamenter le lundi de voir toutes les exploitations françaises en difficulté, et le lendemain dire qu’il faut serrer encore plus la ceinture. Ce n’est pas sérieux. Il y a des marges à trouver ailleurs. Les distributeurs ne sont pas transparents sur leurs gains, certains grands industriels non plus. J’ai demandé qu’il y ait une inspection générale des finances sur chacun des acteurs. La France est le pays qui a l’inflation la plus basse en matière alimentaire. Nous sommes à 5% alors que c’est 8-9% en moyenne en Europe. C’est 12% aux Pays-Bas, 18% en Pologne et en Estonie. Vouloir mieux manger, plus frais, penser au bien-être animal, à la sécurité alimentaire, ça a un prix. Il ne faut pas toujours chercher des prix au ras des pâquerettes, qui conduisent à du chômage. Pour les chaussures et le textile, on a vu ce que ça donne, on a fermé des industries en France, on a délocalisé parce qu’il fallait s’habiller pas cher."

La présidente de la FNSEA insiste: "Il y a d’autres solutions, c’est ce que nous avons dit à Bruno Le Maire". Et dans son viseur, figurent les distributeurs et les industriels. Si Michel-Edouard Leclerc a réclamé une commission d’enquête sur les origines de l’inflation, Christiane Lambert attend qu’il montre lui-même toutes les marges dans ses magasins. "Michel-Edouard Leclerc essaye de masquer ses agissements aussi, assure la patronne du syndicat des agriculteurs. Il ne dit pas de combien il marge. C’est aussi ce que l’inspection devra montrer."

LP