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Prix des carburants: ce qui se cache derrière les annonces de Total pour le pouvoir d'achat

TotalEnergies a annoncé ce mercredi des réductions sur les carburants et le gaz pour protéger le pouvoir d'achat de ses clients. Dans "Apolline Matin" sur RMC, Emmanuel Lechypre décrypte l’objectif du géant pétrolier français.

Une baisse sur les carburants, une prime gaz : TotalEnergies a annoncé deux mesures pour protéger le pouvoir d'achat de ses clients. Avec un double objectif en tête : redorer son image et préserver voire augmenter ses parts de marché, le tout pour un coût minime.

En terme d’images, cette opération permet de désamorcer les critiques sur les profits annoncés ce jeudi, 16 milliards d’euros. Un record absolu pour le géant de l'énergie, tout en s'érigeant en défenseur du pouvoir d’achat.

Une remise pour la part de marché

Sauf que seule la prime énergie de 100 euros profitera réellement aux clients, en l’occurrence les 200.000 foyers en situation de précarité énergétique. La remise de dix centimes sur le litre de carburant dans les stations des zones rurales n'a, pour sa part, aucun impact sur le pouvoir d'achat. Les stations TotalEnergies de ces petites villes sont en moyenne dix centimes plus cher que les grandes surfaces. 

L'objectif est donc plus de ramener des clients vers les stations services du groupe. Une mesure pour la part de marché plutôt que pour le pouvoir d'achat, avec un coût assez faible: autour de 50 millions d’euros.

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La grande distribution dans le viseur

Cette opération lancée en grande pompe par le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, n'est pas sans rappeler les offres de la grande distribution qui se sont multipliées ces derniers mois: sur les carburants, avec les opérations "à prix coûtant", mais aussi sur les masques de protection ou les autotests de dépistage du Covid-19. 

Le spécialiste de ces opérations, c'est Michel-Edouard Leclerc, qui avait aussi créé la polémique, le mois dernier, en promettant le blocage du prix de la baguette de pain à 29 centimes d'euros malgré la hausse des matières premières, ou la côte de porc à moins de deux euros. Beaucoup de concurrents ont été forcés de suivre parce que l'enjeu est majeur pour eux: c'est celui de la part de marché. 

Une promo carburant peut attirer jusqu’à 30% de clients supplémentaires dans une station, dont 15% en profiteront pour aller faire leurs courses dans le supermarché attenant. Le tout pour un coût modeste, les marges étant déjà très faibles sur le carburant. Ces coups d’éclats risquent encore de se multiplier dans les prochaines semaines, l’INSEE indiquant que l’inflation va encore s’accélérer jusqu’à 3,5% en juin.

Emmanuel Lechypre