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Sécheresse: avec une baisse des rendements historique, les pommes de terre vont coûter plus cher

La sécheresse a joué un rôle majeur dans le mauvais rendement des pommes de terre cette année. À cela s'ajoute la hausse des charges, notamment de l'énergie et de la main d'oeuvre. Par conséquent, les producteurs n'auront pas le choix, ils devront augmenter les prix. Reste à savoir si cela sera répercuté sur le consommateur ou sur la grande distribution.

Le rendement moyen de la pomme de terre 2022 est le plus bas depuis 27 ans, à cause de la sécheresse. À cela s'ajoute la hausse des prix de l'énergie, entre autres. Ces deux facteurs provoquent inéluctablement une augmentation des prix de la patate. Au total, les professionnels du milieu évaluent une hausse de 30% des coûts d'achats pour la grande distribution pour compenser le coût de production qui augmente.

En dix ans de métier, Aymeric Proffit n'avait jamais vu cela. Ses charges ont augmenté de 25%.

"Le fioul, les machines agricoles et la main d'œuvre ont augmenté", déplore-t-il.

Des factures d'électricité augmentent de 500 %

Chaque saison, il produit 2 000 tonnes de tubercules, mais cette année il a 20% de rendement en moins à cause de la sécheresse de l'été dernier. Alors pas le choix, "on est passés de cinq euros le sac de 10kg à six euros".

En plus, afin d'éviter une germination précoce des pommes de terre, il faut maintenir la récolte au froid. Les différentes unions professionnelles avaient déjà alerté en octobre sur une augmentation de 500% de la facture d'électricité.

Cette hausse va être ressentie soit par les consommateurs soit par la grande distribution, si elle la prend à son compte.

Un geste de la grande distribution?

"Quand vous achetez une pomme de terre dans un supermarché, le producteur ne capte que 20 % de sa valeur. La grande distribution en capte 50 %. Si la grande distribution jouait mieux le jeu de la répartition, l'agriculteur pourrait bénéficier de cette hausse d'achat sans répercuter forcément sur le consommateur", explique Geoffroy d'Evry, président de l'Union nationale des producteurs de pommes de terre.

Même s'il ne veut pas parler de pénurie, Geoffroy d'Evry explique que la patate pourrait manquer en mai prochain à cause de ses faibles rendements.

AB avec Lucie Rispal