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Réforme des retraites: ce qu'il faut retenir des annonces du gouvernement

Le gouvernement a présenté, ce mardi soir, les contours de la réforme des retraites qu'il souhaite mener. Âge légal de départ, prise en compte de la pénibilité, amélioration du dispositif carrières longues, de nombreuses annonces ont été faites.

Élisabeth Borne, la Première ministre, a présenté, ce mardi, la réforme des retraites, engagement phare du président réélu, Emmanuel Macron. Cette réforme vise à garantir "l'équilibre de notre système en 2030", a affirmé Élisabeth Borne, lors d'une conférence de presse.

Elle était accompagnée de plusieurs ministres, dont Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, Olivier Dussopt, ministre du Travail et Stanislas Guérini, ministre de la Transformation et de la Fonction publique.

Report de l'âge légal de départ

Le gouvernement a annoncé que l'âge légal de départ à la retraite atteindra 64 ans en 2030, contre 62 ans aujourd'hui. Il sera progressivement relevé au rythme de trois mois par an à partir du 1er septembre prochain. Il sera donc fixé à 63 ans et 3 mois en 2027 à la fin du quinquennat, puis atteindra la cible de 64 ans en 2030.

"Nous n'irons pas plus loin que les 43 ans de cotisation prévus par la réforme Touraine pour partir avec une retraite à taux plein. Mais nous atteindrons cette cible plus vite, en passant à un rythme d'un trimestre par an", a-t-elle développé.

Il faudra donc avoir cotisé 43 ans dès 2027 au lieu de 2035 pour une retraite à taux plein.

Relèvement de la pension minimum pour les carrières complètes

La Première ministre a aussi affirmé que la pension minimum pour les carrières complètes allait être augmentée.

"Conformément à notre engagement, les salariés et les indépendants, qui ont cotisé toute leur vie avec des revenus autour du SMIC, partiront avec une pension de 85% du SMIC net, soit une augmentation de 100 euros par mois. C'est près de 1.200 euros par mois dès cette année", a-t-elle expliqué.

La mesure est étendue aux actuels retraités. "Près de deux millions de petites retraites vont être augmentées", a fait valoir Élisabeth Borne.

Meilleure prise en compte de la pénibilité

"Le port de charge lourde ou les postures pénibles", seront davantage pris en compte. "Pour ces travailleurs, nous allons renforcer le suivi médical, repérer les fragilités et mieux accompagner vers des départs à 62 ans", a-t-elle précisé.

Un fonds d'investissement d'un milliard d'euros va être créé pour la prévention de l'usure professionnelle.

Fin des principaux régimes spéciaux

La réforme "actera l'extinction des principaux régimes spéciaux", a précisé la Première ministre. "Les nouveaux embauchés à la RATP, dans la branche des industries électriques et gazières et à la Banque de France" seront notamment affiliés au régime général pour la retraite.

Évolution du dispositif carrières longues

Élisabeth Borne a annoncé que la réforme permettra de mettre en place un dispositif "plus juste" pour les carrières longues, "notamment pour les femmes".

"Nous apporterons une réponse aux carrières débutées très tôt, pour permettre aux travailleurs ayant validé cinq trimestres avant 18 ans, de partir quatre années avant l'âge légal d'ouverture des droits", a affirmé, de son côté, Olivier Dussopt.

Il a ajouté: "Concrètement, une personne qui aurait commencé à travailler en tant qu'apprenti le jour de ses 16 ans, par exemple, comme mécanicien ou comme boulanger, pourra partir à 60 ans. Les assurés qui ont commencé leur carrière avant 16 ans, continueront eux, de partir dès 58 ans, dans des conditions facilitées par rapport à aujourd'hui."

Les interruptions de carrière pour élever ses enfants seront aussi prises en compte dans l'accès au dispositif carrières longues.

Un "index seniors" obligatoire dès 2023 dans les grandes entreprises

Le gouvernement veut créer un "index seniors", mesurant leur emploi. Il devra obligatoirement être mis en place pour les entreprises de plus de 1.000 salariés, à partir de cette année. Pour celles de plus de 300 salariés, cela sera en 2024. Cette mesure suscite l'hostilité du patronat.

Astrid Bergere avec AFP