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Manque de saisonniers: "Traverser la rue pour trouver du travail, c’est vrai" selon Périco Légasse

Le secteur de la restauration et de l'hôtellerie cherche désesperément 360.000 saisonniers, alors que la période estivale s'annonce florissante. En l'absence de main d'œuvre, de nombreux établissements craignent de ne pouvoir ouvrir de manière optimale.

Une nouvelle pénurie menace la France. Et il n'est cette fois pas question d'un produit en particulier, mais de main d'œuvre. Il manque 360.000 salariés saisonniers à la restauration et l'hôtellerie, alors que les vacances d'été approchent à grands pas et que la saison s'annonce excellente.

Malgré une hausse des salaires de 16,3% en moyenne, depuis le 1er avril, dans le secteur, les employeurs peinent à recruter. Le désintérêt pour la profession semble être passé par là.

"Oui, ce sont des activités qui sont dans la précarité mais ce ne sont pas des boulots dégradants. Ce sont des boulots physiques avec des contraintes horaires. Ce n’est peut-être pas une forte rétribution mais il y a de l’activité qui participe à l’essor économique du pays", défend Périco Légasse ce mercredi dans "Estelle Midi" sur RMC et RMC Story.

"Si on veut trouver un travail en France, on le trouve"

"Quand Macron parlait de traverser la rue pour trouver du travail, c’est vrai. Si on veut trouver un travail en France, on le trouve", ajoute-t-il, alors que le taux de chômage reste élevé.

Pour lui, certains ne veulent plus travailler dans des secteurs qu'il estime dévalorisés: "Il y a une certaine catégorie, soit de jeunes, soit tout simplement de Français, qui a connu une dévalorisation du travail débutée avec les 35 heures, où on explique que le travail, c’est une forme de torture".

"Il y a une hiérarchie des valeurs professionnelles qui fait qu’il y a des activités qu’on ne veut plus avoir", conclut Périco Légasse.

La saison estivale s'annonce pourtant excellente, les réservations pour les campings sont ainsi en hausse de 24 % cette année par rapport à 2019 selon les chiffres dévoilés mardi par le ministre délégué chargé du Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne. Mais avec la pénurie de main d'œuvre, les syndicats du secteur redoutent que 10% des établissements ne puissent pas ouvrir normalement par manque de personnel.

G.D.