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Réforme des retraites: comment fonctionnent les caisses de grève

Dans "Apolline Matin" ce mardi sur RMC et RMC Story, Emmanuel Lechypre explique le fonctionnement et l’utilité des caisses de grève.

Les caisses de grève compensent les pertes de salaires des grévistes. Comment ça fonctionne? Ces cagnottes peuvent être gérées par les syndicats ou auto-organisées, permanentes ou éphémères.

Pour les plus importantes, il y a celle de la CFDT, la plus ancienne (1973), en partie financée par la cotisation de ses adhérents et qui compte aujourd’hui 141 millions d’euros. Elle indemnise les grévistes en moyenne à hauteur de 7,50 euros de l’heure, contre 8,92 euros le Smic net.

Il y a aussi la caisse créée par Info'Com CGT en 2016, gérée conjointement avec Sud. Près de 4,5 millions d’euros ont été récoltés sept ans après la création de ce dispositif, dont 500.000 euros depuis le lancement du mouvement contre la réforme des retraites. Et ces caisses jouent un rôle de plus en plus important dans les mouvements sociaux.

Un dispositif qui permet de rallonger les mouvements

C’est un dispositif ancien (grève des canuts, 1831), peu utilisé notamment dans les années 1980-1990, puisqu’à l’époque on négociait le paiement des jours de grève, par exemple dans les services publics. Ce dispositif est remonté en puissance à partir de 2010 et connaît un renouveau avec les réseaux sociaux, qui facilitent la grève par procuration. Plusieurs cagnottes sur Twitch par exemple ces dernières semaines ont rapporté plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Est-ce que ces caisses de grève peuvent avoir un rôle décisif sur l’issue du conflit? Oui, parce que ce qui fait plier les gouvernements, ce n’est plus le nombre de manifestants (la manif contre l’école privée en 1984) mais la longévité du mouvement. Et le mouvement ne peut durer que si les grévistes voient leurs pertes de salaires compensées.

Et comme les grèves, c’est de plus en plus quelques secteurs clés qui paralysent l’économie avec seulement quelques centaines voire milliers de personnes, ces caisses ne seront pas vides en quelques jours.

Emmanuel Lechypre