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Un village de Savoie sauve son école et accroît sa population grâce à un appel sur Facebook

L'entrée du village de Bessans, et son "diable"

L'entrée du village de Bessans, et son "diable" - Facebook - commune de Bessans

Pour éviter la fermeture d'une de ses deux classes, la mairie d'un village de Savoie, Bessans, a lancé un appel sur Facebook en mai dernier pour inciter des familles à venir s'y installer. Un succès, puisque 5 familles sont venues s'installer, sauvant l'école et redynamisant le village. La preuve, selon le maire Jérémy Tracq, joint par RMC.fr, que les territoires ruraux peuvent être attractifs.

Jérémy Tracq, maire de Bessans, en Savoie, passé cet été de 350 à 371 habitants, soit une augmentation de 5%.

"Nous avions déjà été menacés d'une fermeture de classe en 2015. On avait réussi à l'éviter à force d'arguments sur notre situation géographique éloignée, sur la difficulté des déplacements l'hiver. Mais début janvier 2017, l'académie est revenue vers nous pour nous prévenir, vu nos effectifs de l'époque, qu'il y aurait une fermeture. On s'est rendu compte qu'on n'arriverait pas cette fois à l'empêcher tant qu'on n'aurait pas plus d'enfants: on en avait que 19 pour 2 enseignantes.

On s'est alors demandé comment retrouver des effectifs. On a eu l'idée de lancer un appel sur les réseaux sociaux en mettant en avant les atouts de notre territoire, expliquant qu'on était prêts à accompagner les familles dans leur recherche d'emplois et de logement. Cela a été partagé 400 fois sur les réseaux sociaux en 48h, ça a fait boule de neige, et 90 familles nous ont appelé. Sur ces 90, une bonne moitié semblait vraiment intéressée et on a fini par se centrer sur une dizaine de familles qui correspondaient au profil. Au final, on a eu 5 familles qui sont venues s'installer dans la commune. Essentiellement des personnes issues de régions sinistrées au niveau de l'emploi, ou qui souhaitaient fuir l'agitation urbaine. Cela nous a permis d'avoir 28 enfants scolarisés au lieu de 19.

"On leur a vendu un cadre de vie agréable"

La première étape a été de les loger: on les a mis en relation avec des particuliers qui avaient des logements à louer, et on a mis à disposition des appartements appartenant à la commune, avec des loyers modérés. Ensuite il a fallu leur trouver du travail. On a la chance d'être dans une zone touristique, et certains ont immédiatement trouver du travail pour l'été, d'autres ont trouvé en vue de l'hiver. On est sur des activités de saison: restauration, agences immobilières, travail dans les stations…

On leur a vendu un cadre de vie forcément agréable, l'environnement, la possibilité d'avoir du travail, et on leur a montré que notre village vivait toute l'année avec des commerces, des services… Ici, on a une bonne qualité de vie, un travail, des logements pas trop chers. Une famille vivait à côté de Nice, où ils louaient un T2 en mauvais état pour 780 euros par mois. Chez nous, ils louent un T3 très convenable pour 300 euros par mois. C'est attractif!

"On ne s'attendait pas à un tel succès"

On ne s'attendait pas à un tel succès. On se disait que si on attirait une ou deux familles, cela nous permettrait de passer la barre des 20 élèves et d'avoir un peu de sursis pour une ou deux années. Je ne m'attendais pas à avoir 90 familles intéressées, et jamais à ce qu'on accueille dès cette rentrée-là 9 enfants en plus. Les gens étaient sceptiques au départ et se demandaient pourquoi des gens viendraient chez nous.

Ça prouve qu'il y a des gens à la recherche d'autres choses. Et surtout, avec notre activité touristique, on a un potentiel d'emplois que certaines autres régions n'ont pas. C'est une belle leçon qui montre qu'on peut valoriser nos territoires et avancer."

Propos recueillis par Philippe Gril