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Un record de refus de crédit immobilier en novembre

D'après une enquête du site PAP.fr, un taux record de ménages se sont vu refuser leur prêt immobilier par leur banque. En cause dans la majorité des cas, un taux d'usure trop bas.

Jamais autant de ménages qui souhaitaient devenir propriétaires et avaient signé un compromis de vente pour acheter le logement de leur rêve ne se sont vu opposer un refus de prêt par leur banque. 9,8%: le chiffre est conséquent, pour le seul mois de novembre, selon une étude du site spécialisé en immobilier PAP.fr.

Un chiffre conséquent, d'autant plus qu'il était deux fois inférieur il y a six mois, et quasiment dix inférieur moins il y a un an. En effet, sur les dix dernières années, seuls 1 à 2% des ménages en moyenne se voyaient refuser leurs prêts.

Les refus de prêts touchent tous les types de profils, y compris ceux qui sont généralement les chouchous des banques, à savoir les salariés du privé en CDI qui représentent un peu plus d’un cas sur deux de refus. Ces refus ne concernent d'ailleurs pas uniquement les primo-accédants comme on pourrait le penser, puisqu’ils ne représentent que 37,1 % des cas.

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Le taux d'usure en cause

Parmi les raisons ayant conduit à un refus de prêt, les acheteurs concernés citent, à 62,1 %, un problème de taux d’usure. Le taux d'usure, c’est le taux maximal que les banques ne peuvent pas dépasser. Celui-ci est déterminé par la Banque de France en fonction de l'évolution des taux d’intérêt sur les marchés financiers et est aujourd'hui fixé à 3,05%. Au départ, mesure de protection des emprunteurs pour éviter les abus, aujourd’hui trop bas pour que les banques gagnent de l’argent donc elles préfèrent ne pas prêter.

Les autres motifs arrivent loin derrière: un taux d’endettement trop élevé (30,5 %), la situation professionnelle, notamment l’absence de CDI (21,7 %) ou encore un apport personnel insuffisant (20,2 %). Il est à noter aussi que, parallèlement, le diagnostic de performance énergétique (DPE), qui donne la consommation énergétique du logement et qui est un élément auquel les banques prêtent de plus en plus attention, a été un obstacle dans 3,3 % des cas.

Emmanuel Lechypre