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Australie: une victime de viol présumé raconte les soirées d'ivresse dans la vie politique

Brittany Higgins, au centre

Brittany Higgins, au centre - AFP

Au procès de son ex-collègue, qu'elle accuse de viol, une ancienne employée du gouvernement australien a raconté les soirées d'ivresse dans la sphère politique.

Une ancienne employée du gouvernement en Australie a témoigné ce mercredi d'une culture de soirées d'ivresse au coeur de la vie politique, lors du procès de son ex-collègue qu'elle accuse de viol.

Dans cette affaire, à la une des médias australiens lorsqu'elle a éclaté en 2021, Brittany Higgins a rapporté avoir été violée par Bruce Lehrmann, dans le bureau d'une ministre, à l'issue d'une soirée arrosée aux premières heures du 23 mars 2019, ce que nie l'accusé, âgé de 27 ans.

Bruce Lehrmann, ex-collaborateur politique au sein de l'ancien gouvernement australien de centre droit, a nié et plaidé non coupable.

Au deuxième jour du procès devant un tribunal de Canberra, la jeune femme a décrit la soirée de son viol présumé. "Tous les mercredis, tout le monde boit à l'issue de la journée de séance" du Parlement, a-t-elle raconté.

Brittany Higgins aurait consommé en près de quatre heures et demie 11 boissons alcoolisées mais n'en aurait payé que deux elle-même, Bruce Lehrmann réglant plusieurs tournées.

"Il était assez tard, je crois qu'il était environ 21h30", a-t-elle expliqué à la cour. "A ce moment-là, il s'est approché de moi et a tenté de m'embrasser. J'ai repoussé (son) baiser, en grande partie sous le choc".

La crainte d’être tombée enceinte

Les enregistrements de deux auditions distinctes de Brittany Higgins menées par la police ont également été entendus mercredi par le tribunal. La plaignante y expliquait avoir craint d'en faire part à sa famille et d'être tombée enceinte.

"Cela n'a jamais été quelque chose que j'ai voulu partager volontairement avec les gens", déclarait-elle lors de cette audition conduite en février 2021. "Je trouvais bien plus facile d'en faire part à des inconnus plutôt que de le dire à (ma) famille, c'est vraiment difficile".

Brittany Higgins, alors collaboratrice du gouvernement, avait rapporté à la police qu'elle craignait d'être enceinte, lors d'une audition en mai 2021. "Je me souviens d'avoir acheté un test de grossesse à Perth. (...) J'ai été assez lente à (tout analyser) (...) J'étais stressée", relatait-elle.

Après son éclatement, l'affaire avait provoqué des manifestations dans le pays et plusieurs enquêtes, dans le sillage du mouvement mondial #MeToo.

L'ancienne ministre de la Défense Linda Reynolds avait qualifié son ancienne collaboratrice de "sale menteuse", avant de "regretter profondément" ses propos, avait affirmé l'ex-Premier ministre australien Scott Morrison en mars 2021.

LP avec AFP