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Attentats du 13-Novembre: une écrasante majorité de rescapés reconnus comme victimes

Dans un communiqué publié le mardi 25 octobre, la justice a choisi de reconnaître la quasi-totalité des parties civiles du procès comme étant victimes des attentats, qu’elles soient rescapées ou proches de personnes ayant péri dans les attaques du 13-Novembre.

La Cour d'assises spéciale de Paris a tranché. Elle a reconnu comme victimes l'écrasante majorité des 2.600 rescapés ou proches des victimes qui s'étaient constituées parties civiles au procès des attentats du 13 novembre. Ils vont donc pouvoir bénéficier des indemnités accordées aux parties civiles.

Selon un arrêt consulté par l’AFP, sont reconnus comme victimes, entre autres, des rescapés du Bataclan ou encore des habitants de l’immeuble de Saint-Denis dans lequel Abdelhamid Abaaoud, le chef opérationnel des attaques, s’était retranché après la nuit d’horreur du 13 Novembre.

Salima fait partie de ces habitants, et avait d’ailleurs témoigné au procès pénal qui s’est achevé le 29 juin dernier à Paris. En 2015, elle venait d'acheter un appartement au 48 rue de la République. C’est là où les terroristes Abaaoud et Chakrouh s’étaient retranchés pour fomenter un nouvel attentat avant l’intervention du raid durant lequel l’immeuble avait été largement détruit, le 18 novembre 2015.

“Le 18 novembre, on est tous sonnés par ce qu’il vient de se passer, traumatisés pour ceux qui ont vécu l’assaut directement dans leur chair. Le lendemain, vous n’avez plus le droit d’entrer dans votre maison, vous êtes dans un gymnase, à la rue, dans des hôtels. Vous n’avez aucun parcours de soins adapté qui est mis en place. On va enfin pouvoir exercer nos droits et être reçus dignement”, raconte Salima

Pour elle, “c’est un grand soulagement. Il y a un sentiment de justice, un sentiment d’inclusion”, explique la dionysienne. “Même si on est pauvre, même si on est dans le 93, on est enfin avec les autres victimes”, poursuit la victime collatérale des attentats.

Les institutions ciblées par le commando terroriste ont elles aussi été reconnues comme victimes. C’est le cas du Carillon, du Petit Cambodge, de La Belle équipe mais aussi de la salle de concert du Bataclan. Finalement, seules 50 parties civiles ont été rejetées.

Les villes de Paris et Saint-Denis déboutées

Dans sa décision, la Cour d'assises spéciale est allée bien au-delà des réquisitions du parquet national antiterroriste.

Lors de l’audience civile, le 5 juillet, le parquet national antiterroriste (Pnat) avait contesté les constitutions d’une centaine de parties civiles, estimant qu’elles étaient des "témoins malheureux" et non des victimes directes des attentats qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis.

Les villes de Paris et de Saint-Denis ont par exemple, elles, été exclues de cet élargissement du statut de victime. La Cour d'assises spéciale a également débouté les personnes qui se trouvaient hors de portée des assaillants ou des explosions. C’est par exemple le cas des spectateurs en sécurité dans le Stade de France ou bien des riverains à l'abri des tirs.

Pour l’attentat de Nice, dont le procès a débuté le lundi 5 septembre dernier au tribunal de Paris, il sera sans doute plus délicat de déterminer la totalité des victimes de l'attaque au camion du 14 juillet. Le critère retenu pour le moment est d'avoir été sur la trajectoire du conducteur du poids-lourd, ayant causé la mort de 86 personnes.

Marion Dubreuil, Alexis Lalemant