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Attaque au couteau à Paris: comment le suspect est-il parvenu à pénétrer armé dans l'enceinte de la préfecture de police?

Ce jeudi, un agent administratif de la préfecture de police de Paris a tué à coups de couteau quatre fonctionnaires au sein du bâtiment censé être l'un des plus protégés de la capitale. Guillaume Farde, expert en sécurité de BFMTV était l’invité de la matinale de Jean-Jacques Bourdin. Il est revenu sur le dispositif de sécurité de la préfecture de police de Paris.

Une attaque venue de l’intérieur. L’auteur de l’attaque au couteau dont on ne connaît pas encore les motivations, était un agent administratif de la préfecture. Il travaillait depuis 16 ans à la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) en tant qu'informaticien.

"Il est sur son lieu de travail"

L’enceinte de la préfecture de police de Paris était donc le lieu de travail de l’assaillant. Ce qui explique pourquoi il n’a pas été fouillé à son entrée dans le bâtiment, selon l’expert en sécurité Guillaume Farde.

"On a renforcé les contrôles après les attentats de 2015. Maintenant, quand vous êtes visiteur de la préfecture de Paris, vous attendez dans un sas extérieur et vous passez ensuite vos bagages au portique et aux rayons X. Quand vous êtes employé ou fonctionnaire de la préfecture de police, là, c’est votre carte de police ainsi que votre badge qui vous permettent d’entrer sans que vos effets personnels ne soient fouillés. C’est une zone de confiance. Et lui, il commet les faits dans le service auquel il est rattaché, il est donc sur son lieu de travail".

Pourtant, la DRPP, à laquelle l'assaillant était rattaché, est l'héritière des ex-renseignements généraux de la préfecture de Paris. Elle a compétence sur la capitale et sa proche banlieue et a pour mission notamment le recueil du renseignement intérieur sur la radicalisation djihadiste et la lutte contre l'immigration clandestine

"Il se tenait manifestement tranquille" au sein de son service

C’est donc un service hautement sécurisé dont les employés sont soumis à un suivi régulier. Suivi, qui n’a cependant pas permis de mettre à jour les motivations de l’assaillant. Ce fonctionnaire n'avait "jamais présenté de difficulté comportementale", ni "le moindre signe d'alerte", a déclaré le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

"Ce fonctionnaire là appartient à un service un peu particulier qui est un service de renseignements dans lequel les employés sont souvent habilités. Qui dit habilitation au secret de défense nationale, dit enquête de sécurité qui porte sur l’employé et son entourage. Cette habilitation est valable pour plusieurs années mais vous faites toujours l’objet d’un suivi (...) Lui, se tenait manifestement tranquille".
Bourdin Direct (avec Caroline Petit)