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Féminicide à Epinay-sur-Seine: l'homme venait de sortir de prison, mais sa compagne n'en aurait pas été avertie

Le drame a eu lieu, vendredi, au pied de l'immeuble de son ex-compagne, en Seine-Saint-Denis.

Il "affirme être venu sans intention" de la tuer mais avait "acheté un couteau de cuisine avant de venir sur place". L'homme qui a tué à coups de couteau sa compagne au pied de son immeuble vendredi à Epinay-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, a reconnu "globalement les faits".

Le mis en cause, âgé de 51 ans, a été présenté dimanche soir à un juge en vue d'une mise en examen pour "meurtre".

En juillet dernier, cet homme est condamné à un an de prison dont six mois avec sursis pour des violences et des menaces commises sur Bouchra, sa compagne.

Elle dispose alors d'un téléphone grave danger, cet appareil qui permet d'alerter rapidement les forces de l'ordre.

Plusieurs coups de couteau

Début octobre, le mari est libéré, et viole son interdiction d'entrer en contact avec sa compagne, qui déclenche le téléphone d'urgence. Le mari repasse alors par la case prison, et en ressort le 17 novembre, avec quelques jours d'avance grâce aux remises de peine.

Mais ça, Bouchra semble l'ignorer, et ne prend donc pas son téléphone avec elle vendredi: la victime rentrait chez elle vers 19h45 lorsque son compagnon lui a assené plusieurs coups de couteau. Son décès a été constaté une heure après. Un couteau avait été retrouvé dans un buisson à proximité. Le compagnon s'était rendu le soir même au commissariat et avait été placé en garde à vue.

Y a-t-il eu des défaillances de la part des autorités? Pourquoi cet homme violent n'avait pas de bracelet anti-rapprochement? En parallèle à l'enquête, "une analyse précise est entreprise sur les raisons pour lesquelles ce drame a pu se produire, en dépit des dispositifs", ajoute le procureur de Bobigny Eric Mathais.

Les deux filles du couple, âgées de 5 et 14 ans, ont été prises en charge par le protocole féminicide mis en place en Seine-Saint-Denis. Ce protocole prévoit d'abord un soutien psychologique à l'hôpital pendant quelques jours puis leur placement.

Selon un récent bilan du ministère de l'Intérieur, 146 femmes ont été victimes de féminicides, c'est-à-dire tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2019, et 102 en 2020. A la mi-novembre, le collectif Féminicides par compagnon ou ex a fait état sur Facebook des "100e et 101e" féminicides de l'année 2021 en France, selon son bilan. 

La rédaction de RMC (avec AFP)