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Féminicide à Mérignac: le policier qui a pris la plainte avait été condamné pour violences conjugales

Quelques temps après cette plainte, qui n'a pu aboutir à l'interpellation du mari de Chahinez, il l'avait blessée par balle puis immolée par le feu à quelques mètres de chez elle.

Nouvelle défaillance dans l'affaire du féminicide de Mérignac, le 4 mai dernier. Le policier qui avait pris la plainte de la jeune femme contre son mari violent, venait lui-même d'être condamné pour violences conjugales un mois auparavant. Une nouvelle défaillance qui fait suite à la dizaine de défaillances que pointait le rapport de la mission d'inspection du 9 juin dernier diligentée par l'Intérieur et la Justice.

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Le 15 mars dernier, Chahinez se rend au commissariat pour porter plainte contre son mari violent, il venait de la passer à tabac sur le parking d'un supermarché. Elle ne le sait pas, mais l'agent de police qui prend sa plainte vient tout juste d'être condamné pour violences conjugales à 8 mois de prison avec sursis.

Une plainte truffée d'erreurs

Une condamnation qui pose questions, d'autant que l'enregistrement de la plainte de Chahinez est remplie d'erreurs. Il lui demande si elle craint de nouvelles violences, elle répond oui, mais l’agent de police écrit l'inverse. La plainte ne permet pas de signaler un danger. Pourtant, deux mois plus tard, Chahinez est retrouvée brûlée vive devant son domicile.

Dès les premiers soupçons de violence conjugale, une enquête administrative avait été ouverte contre ce policier. Il devait être renvoyé devant un conseil de discipline, qui n'a toujours pas eu lieu. Selon le "Canard Enchainé", sa hiérarchie reconnaît "que son affectation au bureau des plainte était discutable".

Maxime Levy avec Guillaume Descours