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La Cour d'Appel d'Aix lie féminicides et violences conjugales antérieures

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Dans 80% des cas, les auteurs de féminicides avaient déjà violenté leur conjointe ou ex-conjointe.

Il existe bien un lien entre féminicide ou tentative de féminicide et des violences conjugales antérieures. C'est ce que révèle une étude inédite menée par le parquet général de la Cour d'Appel d'Aix.

L'étude menée par une magistrate à la demande de l'ancien procureur général d'Aix, Robert Gelli, a analysé 29 dossiers de meurtre ou de tentative de meurtre commis par des conjoints ou ex-conjoints entre le 1er janvier 2019 et le 9 septembre 2019.

90% des cas connus de l'entourage

Dans 8 cas sur 10, les auteurs avaient déjà violenté leur conjoint ou ex-conjoint avant de les tuer et plus de la moitié avaient des antécédents judiciaires pour violences avérées ou menaces. Dans certains cas, une enquête était cours. Pour d'autres la procédure avait été classée sans suite, soit en raison du retrait de la plainte ou de l'absence d'un certificat médical, qui constate les blessures de la personne violentée.

"L'homicide ou la tentative est la suite d'un comportement violent récurrent", conclu l'étude qui révèle également que dans 90% des cas, les proches ou les membres de la famille avaient connaissance des violences mais n'ont pas partagé cette information avec les services de police ou de justice.

Caroline Philippe (avec G.D.)