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La fille d'une ancienne ministre accuse Nicolas Hulot d'agression sexuelle: nos informations RMC

EXPLIQUEZ-NOUS - Plusieurs femmes accusent Nicolas Hulot de viol et d'agressions sexuelles. Parmi elles, la fille d'une ancienne ministre de Lionel Jospin.

Nicolas Hulot a annoncé mercredi sur BFMTV son retrait définitif de la vie publique. Il a pris les devants avant la diffusion ce jeudi sur France 2 d’une enquête le mettant en cause pour des faits d'agressions sexuelles. Même si France 2 a refusé toute communication sur le sujet et a tout fait pour préserver le secret, la chaîne a simplement confirmé la diffusion d’un reportage sur Nicolas Hulot dans l'émission "Envoyé spécial".

Nicolas Hulot, lui-même a donné quelques informations en venant se défendre hier face à Bruce Toussaint sur BFMTV. L’ancien ministre de l'Ecologie a dit avoir été informé par France 2 il y a quelques jours, qu’il était accusé par 4 ou 5 femmes. "Ces femmes", a-t-il dit, "m’accusent ni plus ni moins d’agressions sexuelles et même de viol". Selon Nicolas Hulot, l’accusation la plus grave remonte à 1989 à la sortie d’une émission de radio. Une autre femme l’accuse de faits qui se sont déroulés à Moscou. Nicolas Hulot a donné ces précisions tout en démentant les faits fermement.

Que disent les accusatrices?

Personne n’a pu le voir le reportage de France 2. Mais deux des accusatrices avaient raconté à deux autres journalistes les agressions dès 2018. Elles s'étaient manifestées après de premières accusations portées par le magazine l’Ebdo à l’époque. 

La première a raconté qu’elle était venue assister à une émission de radio qu’animait Nicolas Hulot en 1989 sur France Inter. Selon son récit, elle était à l’époque mineure, l'animateur l’avait ensuite raccompagné à la gare et sur le parking aurait tenté de lui imposer une relation sexuelle.

La seconde jeune femme a elle témoigné qu’elle travaillait dans les années 90 à l’ambassade de France à Moscou. Nicolas Hulot était en Russie pour un tournage de son émission Ushuaïa. Elle l’a accompagné pour l’aider à dédouaner le matériel et selon elle, il l’aurait agressé sexuellement dans le taxi.

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Un troisième témoignage

Un troisième témoignage va sans doute faire plus de bruit. C'est celui de la fille d’une ancienne ministre du gouvernement Jospin. La journaliste d’Envoyé spécial, Virginie Vilar l’a enregistrée il y a déjà plus de trois ans. Et cette jeune femme raconte avoir eu rendez-vous avec Nicolas Hulot dans un appartement parisien. Nicolas Hulot aurait fermé la porte à clefs avant de l’agresser. Elle aurait finalement réussi à prendre la fuite, pieds nus. 

Cette fille de ministre a longuement hésité à témoigner. Elle avait même une fois donné rendez-vous à la journaliste d’Envoyé spécial avant de renoncer et de se décommander alors que l’équipe de France 2 était déjà dans le TGV pour la rejoindre dans l’est de la France. Sa mère à l’époque l’avait encouragé à ne pas témoigner. Mais finalement elle avait fait le choix de tout raconter.

Pascale Mitterrand fait-elle partie des femmes qui témoignent?

Pascale Mitterrand, la petite-fille de l’ancien Président avait porté plainte en 2008 contre Nicolas Hulot pour des faits remontant à 1997. La plainte avait été classée après une courte enquête pour prescription des faits. À l'époque de la révélation de l’affaire, Nicolas Hulot était encore ministre. Il avait reçu le soutien d’Emmanuel Macron, d’Edouard Philippe et de Marlène Schiappa. Mais à notre connaissance, elle ne figure pas dans le reportage et parmi les nouvelles accusatrices.

Refus de s'exprimer

Nicolas Hulot, qui a refusé de s'exprimer dans le documentaire de France 2. Il a expliqué sur BFMTV que ces accusations étaient mensongères refusant d'être "convoqué en place publique par des journalistes transformés en procureur". Il parle d’une opération montée par des femmes qui sont à l'œuvre dans l’ombre. Sans en dire plus. 

Et il s’adresse à Delphine Ernotte, PDG de France télévision, en lui disant : "Pesez bien les conséquences irrémédiables de ce reportage. Vous jouez avec la vie des accusés, tout cela peut mal finir". Il qualifie au passage France 2 de chaîne de "sévices public", avant de terminer en annonçant que c’était là sa dernière interview…

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Nicolas Poincaré