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"Je lui ai mis trois gifles, je regrette": pour éviter la prison, Stéphane a été pris en charge dans un centre spécial pour auteurs de violences conjugales

DOCUMENT RMC - La justice tente de réinsérer les auteurs de violences conjugales. Ils peuvent être suivis par des psychologues et des addictologues si besoin. Comme Stéphane que RMC a pu rencontrer.

Un présent précaire, un passé difficile, trop d'alcool et un soir, Stéphane dérape et frappe sa compagne:

"Je lui ai mis trois gifles, c'est malheureux je regrette, c'est du gâchis. Je veux m'en sortir et il y a que l'accompagnement qui peut m'aider, tout seul on ne peut pas. J'ai merdé, je paye, et il y a des gens à mon écoute, heureusement qu'ils sont là".

En sursis probatoire, il évite la prison mais doit suivre des soins pour comprendre son geste dans un CPCA, un centre de prise en charge des auteurs de violences conjugales. C'est l'accompagnement judiciaire pour une prise de conscience et pour la réinsertion des auteurs de violences conjugales.

Stéphane, est suivi par l'Arile, l'Association régionale pour l'Insertion, le Logement et l’Emploi. Au moins une fois par mois, il rend des comptes à Apolline Domme sa contrôleuse judiciaire: "Il faut lui faire prendre conscience en quoi son acte était violent et il faut assumer, être conscient des conséquences sur la victime pour que ces situations là ne se reproduisent plus à l'avenir".

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"Il faut initier une prise de conscience et une volonté de poursuivre la prise en charge"

Suivi aussi par un addictologue et une travailleuse sociale, il faut s'assurer que Stéphane adhère à tout ce processus de soin, explique Andréa Viennot sa psychologue:

"Ces personnes-là sont porteuses de la demande de quelqu'un d'autre qui est la justice. C'est difficile de faire sens avec cette obligation la parce que ça n'émane pas d'eux directement. Il faut initier une prise de conscience et une volonté de poursuivre la prise en charge".

Impossible de dire si Stéphane récidivera. Tout l'enjeu de ce suivi est de lui laisser une dernière chance d'être acteur de sa réinsertion.

L’année dernière, presque 160.000 personnes ont été victimes de violences conjugales en France, un nombre en hausse de 10%. Parmi elles, 87% de femmes.

Journée internationale de lutte contre les violences conjugales

Les victimes de violences conjugales peuvent appeler le 3919 ou se rendre sur le site "ArretonsLesViolences.gouv.fr".

Jean-Baptiste Bourgeon et Aymeric Dantreuille (avec Guillaume Dussourt)