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Meurtre de Mireille Knoll: le mobile antisémite remis en cause par l'un des suspects

Deux mois après le meurtre de la retraitée juive de 85 ans, retrouvée tuée au couteau et brûlée dans son appartement du XIe arrondissement de Paris, le mobile antisémite du meurtre est remis en question.

"Est-ce que Mireille Knoll a été tuée en raison de son appartenance à la communauté juive?" demande une juge d'instruction à Alex Carrimbacus, le 13 avril dernier. "Je ne pense pas", répond-t-il sans équivoque.

L'enquête sur la mort de Mireille Knoll, cette octogénaire juive de 85 ans, dont le corps a été retrouvé en partie carbonisé, lardé de coups de couteau, en mars dernier à Paris, se poursuit. Les enquêteurs disposent de plusieurs élements autour des deux suspects, dont l'un, Yacine Mihoub, connaissait très bien la victime. Né en 1989, c'était un ancien voisin de Mireille Knoll et avait l'habitude de lui rendre visite. Le second, Alex Carrimbacus, sans domicile fixe de 21 ans, est un ami du premier.

"J'ai cru entendre parler de certaines conversations"

Les deux hommes ont, pour l'instant, été mis en examen pour "vol aggravé" et "homicide volontaire" à caractère antisémite. Pourtant, c'est cette dernière qualification que cherchent aujourd'hui à démontrer les enquêteurs. Et les dernières déclarations de l'un des suspects sèment le doute.

En garde à vue, le jeune SDF avait pourtant affirmé que Yacine Mihoub avait reproché aux juifs d'avoir "une bonne situation" avant de frapper son ancienne voisine. Devant la juge, il est revenu sur ses propos: "J'ai cru entendre parler de certaines conversations qu'en fait je n'ai pas entendu, et puis en garde à vue, j'étais sous le choc".

Alex Carrimbacus a toutefois maintenu avoir entendu Yacine Mihoub crier "Allah Akbar" en poignardant Mireille Knoll. Ce dernier sera entendu pour la première fois ce mardi par une juge et rejette toute la responsabilité du meurtre sur son complice.

Claire Andrieux et X.A