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Paris Match veut se faire de l'argent sur le dos des victimes, c'est écoeurant

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Paris Match a publié, cette semaine, des photos de l'attentat du 14 juillet 2016, à Nice. Une galerie présentée comme "un hommage aux victimes" qui a scandalisé. Stéphane Gicquel, secrétaire général de la FENVAC (Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs) dénonce une pratique qui vise "à se faire de l'argent sur le dos des victimes". Il témoigne sur RMC.fr.

Stéphane Gicquel, secrétaire général de la FENVAC (Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs).

"Le mot qui me vient c'est écœurement. Sous la bannière "hommage aux victimes, l'hebdomadaire publie des photographies indécentes, sans aucune nouvelle information. On savait déjà qu'un camion avait tué 86 personnes. On savait aussi que de nombreuses autres ont été traumatisées. 

Et là, Paris Match, explique que non seulement c'est un hommage aux victimes, mais qu'en plus ils ont de nouvelles informations. Dans les deux cas, c'est faux. Aucune victime ne peut être honorée par une telle publication, surtout la veille de la première commémoration. Et, il n'y a aucune révélation nouvelle. Publier une photo de l'homme responsable de ce massacre, ou des corps étendus par terre, en quoi est-ce une révélation? 

"C'est juste du voyeurisme"

Pour toutes ces raisons, notre organisme s'associe à la décision du procureur. (NDLR Le parquet de Paris a demandé, ce jeudi matin, le retrait en urgence du magazine. La décision devrait être rendue dans l'après-midi.

Ce numéro c'est juste du voyeurisme. Et le pire, je pense, c'est la réaction de Paris Match, de l'indécence dans de l'indécence. Comment peut-il dire qu'il s'agit là d'un hommage aux victimes? Comment? Je ne comprends pas. On ne peut pas être dans la déshumanisation. Leur objectif est juste de faire du buzz, de l'argent sur le dos des victimes. C'est honteux, je n'ai pas d'autres mots. Aussi, localement, à Nice, plusieurs vendeurs de journaux ont refusé de mettre Paris Match dans leur devanture. Maintenant, nous attendons juste le verdict de l'audience". 

Propos recueillis par E. H.