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Pédopornographie: "Les déviances sexuelles touchent tous les milieux", rappellent les associations

Une opération menée dans toute la France a permis d'interpeller, ces derniers jours, 48 hommes soupçonnés de consulter des contenus pédopornographiques. Âgés de 26 à 79 ans, ces hommes sont issus de toutes les catégories sociales. Certains sont même élus locaux ou fonctionnaires de l'Éducation nationale. D'après la plateforme de signalement Point de contact, il y a une augmentation considérable du nombre de contenus.

Un vaste coup de filet a été réalisé par l'Office central de la répression contre les violences aux personnes (OCRVP) et les polices judiciaires locales: 48 hommes soupçonnés de consulter des contenus pédopornographiques ont été interpellés, ces derniers jours, dans tout le pays.

Sur ces 48 hommes, sept sont déjà connus pour des délits de même nature et sont inscrits au fichier des délinquants sexuels.

Ils sont âgés de 26 à 79 ans et sont issus de toutes les catégories sociales. Il y en a même qui sont élus locaux ou fonctionnaires de l'Éducation nationale.

Tous les milieux sociaux concernés

"Ce qui est inacceptable c'est qu'il y ait, dans tous ces milieux, des hommes en responsabilité. Que ce soient des enseignants, des hommes d'église, des travailleurs sociaux, ça touche tous les milieux parce que justement les déviances sexuelles touchent tous les milieux", explique Martine Brousse, cofondatrice et présidente de l'association La Voix de l'enfant, qui lutte pour les droits des enfants.

D'après elle, il faut mettre beaucoup plus de moyens pour lutter contre la pédocriminalité.

"Nous demandons une véritable police contre les sites pédopornographiques. Donnons les moyens et donnons des instructions pour que lorsqu’un site est révélé, il soit immédiatement fermé et que des mesures judiciaires soient prises", ajoute-t-elle.

La France est le 4e hébergeur mondial de ces contenus

Selon la plateforme de signalement Point de contact, la France est le 4e hébergeur mondial de contenus pédopornographiques et les signalements sont en constante augmentation.

"Sur l’année 2021, on a reçu plus de 53.000 notifications de contenus d’abus et d’exploitations sexuelles de mineurs, parmi eux, il y en a quand même 21.000 qui ont été qualifiés", affirme Quentin Aoustin, directeur des opérations de la plateforme.

Les contenus sont de plus en plus nombreux, obligeant Point de contact à s'adapter.

Cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende

"À nous seuls humains, c’est très compliqué de faire face à une telle volumétrie donc on est obligé de se doter de moyens technologiques. Ça fait aussi partie de notre travail, d’expérimenter des technologies pour détecter plus rapidement et pour obtenir des suppressions plus rapides", poursuit-il.

L'enregistrement ou le partage de contenu pédopornographique est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.

AB