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Tentative de féminicide à Blois: "Cette situation ne doit plus se reproduire" pour Isabelle Rome

Ministre déléguée, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances, Isabelle Rome appelle dans "Apolline Matin", ce jeudi sur RMC et RMC Story, à poursuivre la formation des policiers et des gendarmes sur la prise en charge des femmes victimes de violences conjugales, après le drame à Blois. Et à traiter la violence des auteurs.

Une femme dans le coma, dans un état critique, après avoir été violemment frappée par son ex-compagnon alors qu’un policier, depuis suspendu, venait de lui dire de revenir le lendemain pour porter plainte. Ce drame, qui s’est déroulé à Blois le 13 décembre, doit pousser à poursuivre la formation des agents des forces de l’ordre selon la ministre déléguée Isabelle Rome, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances.

"Cette situation ne doit plus se reproduire, explique-t-elle dans ‘Apolline Matin’ ce jeudi sur RMC et RMC Story. Tout est fait pour qu’on y voit vraiment clair sur ce qu’il s’est passé. Nous allons poursuivre tous les efforts sur la formation. Et il ne faut jamais baisser la pression. Il faut que nous restions toutes et tous sous pression, que tous les acteurs qui sont engagés dans cette lutte contre les violences faites aux femmes doivent rester sous une tension constante pour ne pas laisser ces femmes en danger."

"Je me déplace beaucoup sur le territoire, je rencontre des policiers et des gendarmes, et je peux témoigner qu’ils sont de mieux en mieux formés, assure Isabelle Rome. Il y a 160.000 policiers et gendarmes formés, ils sont impliqués, sensibilisés. Je vois avec quel soin ils accueillent et accompagnent les victimes. Il faut vraiment continuer."

"On ne protège pas efficacement les victimes si on ne prévient pas efficacement la récidive"

Isabelle Rome, ancienne magistrate, souhaite également que les auteurs des violences conjugales soient particulièrement suivis, pour éviter les récidives. L’agresseur de Chloé, la victime de Blois, avait déjà été condamné. "La prise de conscience de la nécessite de traiter la violence des auteurs et de mieux prévenir la récidive est assez récente, souligne-t-elle. Elle a vraiment vu le jour en 2019 lors du Grenelle des violences conjugales."

"Si on ne traite pas cette violence, on pourra mettre des années de prison mais lorsque la personne sortira, elle rencontrera une nouvelle compagne et puis… Cela veut dire des soins, des obligations, et c’est dans ce sens-là que nous travaillons, notamment dans les 30 centres de prise en charge des auteurs, ajoute Isabelle Rome. Dès mon arrivée à ce ministère, je me suis préoccupée de ces 30 centres qui viennent d’ouvrir pour faire en sorte que le suivi des auteurs soit effectif. C’est extrêmement important. On ne protège pas efficacement les victimes si on ne prévient pas efficacement la récidive."

LP