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Un policier, soupçonné d'avoir tué sa femme, en fuite: des associations féministes s'indignent de l'absence d'avis de recherche

Une jeune femme de 28 ans a été retrouvée morte étranglée vendredi. Son compagnon, un policier de Blanc-Mesnil, déjà condamné pour violences conjugales, est toujours en fuite cinq jours après.

Elle a été retrouvée morte, vendredi, dans un appartement parisien. Et c'est déjà le 12e féminicide de l'année. Amanda Glain, graphiste de 28 ans, a été découverte étranglée dans la baignoire de son compagnon.

Cinq jours après, son meurtrier présumé, son compagnon, policier, est toujours en fuite. Ce gardien de la paix de 29 ans, en poste au Blanc-Mesnil en Seine-Saint-Denis, avait déjà été condamné pour des violences sur sa compagne de l'époque, et avait été contraint de suivre un stage de sensibilisation aux violences conjugales. Sur le plan administratif, il avait été sanctionné par un avertissement. Soit la sanction disciplinaire la plus basse, dont il n'est même pas fait mention dans le dossier de l'agent.

Alors que le suspect est toujours en fuite, aucun appel à témoins n'a été lancé par la police, ce qui révolte les associations féministes. Même si elle est en plein montage de film, Andréa Bescond, réalisatrice, engagée contre les violences faites aux femmes, passe son temps sur les réseaux sociaux à poster des photos d'Amanda et de son meurtrier présumé. Une manière pour elle, de faire le travail, que les forces de l'ordre ne font pas, ou pas assez vite.

“Cet homme est aujourd’hui en cavale, en fuite, avec son arme de service. C’est révoltant de voir qu’il n’y a pas d’avis de recherche, que ni son visage ni son nom ne soit placardé partout”, estime-t-elle.

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Plus de contact avec les victimes pour les policiers condamnés?

Le policier avait déjà été condamné en 2019 pour des faits de violence conjugale. Il avait été contraint de suivre un stage de sensibilisation et avait écopé d'un simple avertissement au sein de la police, qui ne figure pas sur son dossier. Révoltant, pour Pauline Baron, coordinatrice du collectif Nous Toutes.

“Comment un homme, auteur de violences conjugales lorsqu’il est policier, va faire un bon suivi d’une plainte pour violence conjugale?”, s’indigne-t-elle.

Le collectif demande d'ailleurs que les policiers condamnés pour violence conjugale ne puissent plus être au contact de victimes ni prendre de dépôt de plainte. 

Marie Regnier avec Guillaume Descours