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Viol à l'hôpital Cochin: le suspect en détention, "du temps gagné pour retrouver son identité"

La porte-parole du ministère de l'Intérieur Camille Chaize a assuré ce vendredi matin, sur RMC, que l'homme interpellé pour le viol d'une femme à l'hôpital Cochin à Paris était "hors d'état de nuire" et en détention. La nationalité du suspect, visé par trois OQTF non exécutées, doit encore être vérifiée.

Un homme de 22 ans, en situation irrégulière, a été mis en examen et écroué, soupçonné d’avoir violé une femme de 35 ans à l’hôpital Cochin à Paris après s’être fait passer pour un patient. Cet homme, peut-être de nationalité jordanienne, avait reçu trois obligations de quitter le territoire français (OQTF), sous trois identités différentes, avant de déposer une demande d'asile en septembre dernier.

"Dans 20% des cas, on arrive à éloigner les personnes, mais dans la plupart des cas cela ne marche pas", reconnaît Camille Chaize, porte-parole du ministère de l'Intérieur, dans "Apolline Matin" ce vendredi sur RMC et RMC Story. "Ce crime horrible pose le problème des OQTG et de la sécurisation des établissements de santé", poursuit-elle.

"Hors d'état de nuire"

Selon les premiers éléments, le suspect aurait jonglé entre plusieurs identités, se faisant tantôt passer pour Jordanien, tantôt pour Egyptien: "Avec les OQTF, la difficulté, c’est d’établir l’état civil et la nationalité de la personne pour trouver son pays d’origine qui va pouvoir le récupérer", déplore Camille Chaize.

"C’est le problème de l’immigration irrégulière. Quand on n’a pas les empreintes digitales à l’entrée de la personne, comment retrouver son pays d’origine et le faire accepter par son pays d’origine? Et là, il y a le problème des laissez-passer consulaires", explique la porte-parole.

Depuis cet été, ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin appelle à mettre "hors d’état de nuire" les personnes en situation irrégulière "qui sont un danger pour la société". C’est chose faite dans le cas du suspect du viol de l’hôpital Cochin, assure Camille Chaize. "Cette personne est en détention. Il est hors d’état de nuire, c’est du temps gagné pour faire les démarches avec les pays d’origine et retrouver son identité", explique-t-elle.

La loi immigration pour "simplifier le droit et limiter les recours"

"Cette obligation est aujourd'hui théorique, car on a beaucoup trop de difficultés juridiques, sur les laissez-passer consulaires", ajoute sur RMC et BFMTV Didier Leschi, directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui appelle à "simplifier le droit et limiter les recours".

C'est justement ce que doit permettre le projet de loi immigration, attendu à l'Assemblée nationale en janvier prochain. Celui-ci doit permettre de rendre plus "automatique et systématique" les mesures de détention judiciaire et de rétention administrative, défend la porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Et pour établir les identités, Camille Chaize explique que la France travaille main dans la main avec plusieurs pays. "On travaille beaucoup bilatéralement avec les pays du Maghreb, notamment le Maroc et la Tunisie, pour croiser les états civils et les empreintes digitales", assure-t-elle, appelant à continuer à travailler avec tous les pays potentiellement concernés.

G.D.