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Violences dans les banlieues: "les politiques ont trop tardé à réagir"

Alors que des incidents se sont enchaînés depuis plus d'une semaine en banlieue parisienne et se sont poursuivis lundi soir, dans le sillage de l'affaire Théo, victime d'un viol présumé lors d'une interpellation, le rappeur Rost, président du collectif "Banlieues Actives", a notamment estimé, ce mardi sur RMC, que, pour éviter de telles violences, "il aurait fallu que le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre se bougent". . \n

Au moins 25 personnes ont été interpellées dans la nuit de lundi à mardi en banlieue parisienne pour des violences urbaines, a-t-on appris de sources policières et préfectorales, alors que François Hollande se rend en Seine-Saint-Denis pour une visite centrée sur l'emploi des jeunes. Ce mardi dans le Bureau de Vote de RMC, la question posée à Rost, rappeur et président du collectif "Banlieues actives", était de savoir si l'Etat avait abandonné les quartiers, de savoir par où commencer pour éviter que cela ne se reproduise.

Pour le chanteur, "le chantier est énorme". Il estime que "c'est déjà une bonne chose que les politiques prennent la mesure des choses et aillent sur le terrain. La visite de François Hollande à Théo a permis de tempérer légèrement les choses. Mais il aurait fallu que le ministre de l'Intérieur et le Premier ministre se bougent. Qu'il y est un vrai mouvement avec les citoyens, les associations de terrain, les gens qui ont de l'influence sur ces jeunes pour qu'il se passe quelque chose".

"Ça sert les intérêts du Front national"

Selon Rost, "les politiques ont trop tardé à réagir. Il a fallu que ça s'embrase dans d'autres endroits pour qu'ils comprennent qu'il se passe quelque chose. C'est pour ça que je suis en colère. Bruno Le Roux connaît très bien le terrain donc je ne comprends pas qu'il n'ait pas palpé ça et qu'il n'est pas réagi tout de suite". "J'espère que l'on va arriver à trouver une façon d'apaiser les choses parce que tout ça ne sert que les intérêts du Front national", poursuit le président de Banlieues Actives.

"Quand j'ai entendu les propos de Marine Le Pen l'autre jour à la télé, j'ai été choqué. On ne les a pas entendus monter au créneau dans l'affaire Fillon parce qu'eux-mêmes ont plein d'affaires de ce type-là, s'emporte encore le rappeur. En revanche quand il s'agit de pointer du doigt les jeunes des quartiers populaires, ils sont au créneau. C'est trop facile de se servir de ça pour essayer de gagner des voix. Mais ce qu'ils font là, s'ils continuent, eux-mêmes finiront par le payer autrement".

M.R avec Raphaëlle Duchemin