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Élection présidentielle 2022, second tour: Emmanuel Macron réélu président, Marine Le Pen battue

Emmanuel Macron a été réélu pour un second mandat à la tête du pays ce dimanche, ce qui n'était encore jamais arrivé hors cohabitation. Le président sortant a dominé la candidate du Rassemblement national, Marine Le Pen, comme en 2017, en récoltant 58% des suffrages d'après l'estimation Elabe pour BFMTV/L’Express/RMC avec SFR.

Cinq ans de plus à l'Élysée. Emmanuel Macron a remporté ce dimanche l’élection présidentielle. Les Français ont fait le choix, dans leur majorité (58%, d'après l'estimation Elabe pour BFMTV/L’Express/RMC avec SFR ), d'accorder au président sortant un second mandat, ce qui n'avait encore jamais été fait, hors cohabitation, depuis l'adoption du vote au suffrage universel direct en 1962. Comme en 2017, Emmanuel Macron bat la candidate du Rassemblement National, Marine Le Pen. Mais jamais l'extrême droite n'a paru si proche du pouvoir, sur fond de participation en berne. En 2017, Marine Le Pen avait recueilli moins de 35% des suffrages, alors qu’elle espérait franchir le seuil des 40%. C’est chose faite désormais, même si la victoire espérée par ses soutiens n’est pas au bout.

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Les derniers sondages publiés vendredi soir, avant l’entrée en vigueur de la période de réserve électorale, donnaient Emmanuel Macron largement favori, au-delà de la marge d’erreur. Le scrutin a confirmé les pronostics des instituts de sondage, même si le score atteint en 2022 est très loin de son score de 2017, où il avait battu sa rivale par 66,1% des voix contre 33,9%. Pendant le débat d’entre deux tours, les deux candidats s’étaient livrés un duel de mesures concrètes, projet contre projet, leurs programmes proposant une vision radicalement différente de sujets centraux comme l'Europe, l'économie, le pouvoir d'achat, les relations avec la Russie, les retraites…

Une abstention au plus haut niveau depuis 1969

Désireux de continuer à transcender les clivages politiques traditionnels gauche/droite, tout en adoptant une nouvelle méthode pour réformer, Emmanuel Macron était arrivé en tête au premier tour (27,85%), réalisant un score étonnamment haut pour un président sortant, a fortiori au sortir d’un quinquennat éprouvant marqué par deux ans de crise sanitaire. Sans compter les mouvements de colère qui ont pu éclater pendant le quinquennat et susciter un rejet brutal du président de la République. Un rejet qui se lit dans les chiffres de l’abstention. Comme on pouvait s’y attendre, l’abstention atteint le niveau le plus élevé depuis 1969. Elle est estimée à 28,5%.

Traditionnellement, l'abstention baisse au second tour, mais la tendance s’était déjà inversée lors des précédentes élections, avec une abstention plus haute lors du second tour. Rebelote en 2022, avec une abstention estimée à 28,1%. Ce chiffre d'abstention serait le deuxième plus élevé, après le record de 1969 à 31,1%. Une partie de la gauche, notamment mélenchoniste, hésitait à se rendre aux urnes pour y déposer un bulletin Macron, incapables de se résoudre à voter une nouvelle fois contre Marine Le Pen. Certes, le candidat LFI avait appelé ses supporteurs à ne donner aucune voix à la candidate du Rassemblement national, mais la base de ses électeurs était clairement divisée sur le sujet.

Le président réélu réunit ses partisans sur le Champ-de-Mars

Le front républicain a vécu. En revanche, Emmanuel Macron a pu compter sur un nombre incalculable d’appels à voter pour lui qui ont fleuri dans l’entre-deux tours. Le président de la République a reçu le soutien de ses prédécesseurs (Sarkozy, Hollande…), d’une grande partie de la classe politique, mais aussi d’intellectuels ainsi qu’un appel des sportifs de haut niveau à faire barrage à l’extrême droite. Marine Le Pen avait dénoncé "une caste aux abois". Reste à savoir quel aura été l’impact de ces appels à voter pour le président sortant tant l’électorat est de plus en plus volatil.

Toujours est-il qu’un vainqueur a été désigné. Ce qui pourrait signifier la fin des ambitions présidentielles pour Marine Le Pen. "En cas d'échec, a priori je ne me représenterai pas, avait-elle indiqué dans le JDD. Je continuerai à défendre les Français. Je ne sais pas à quel poste mais à celui où je serai la plus performante."

Emmanuel Macron s'est exprimé dans la soirée devant plusieurs milliers de partisans réunis sur le Champ-de-Mars, au pied de la tour Eiffel. Les électeurs seront de nouveau appelés aux urnes les 12 et 19 juin pour les législatives où le nouveau président cherchera à obtenir la majorité nécessaire pour gouverner.

QM