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Présidentielle: travail, emploi, retraites... les programmes de Marine Le Pen et Emmanuel Macron

Programme contre programme, suite et fin. Emmanuel Macron et Marine Le Pen n'ont pas prévu la même place au travail à l'emploi dans leurs programmes respectifs. Revue des propositions avec Nicolas Poincaré.

Ce sont des thèmes qui n'ont pas la même importance pour les deux candidats. L’emploi ne fait pas l’objet d’un chapitre particulier dans le programme de Marine Le Pen alors qu’il est central dans celui d'Emmanuel Macron. 

Le président sortant se fixe l’objectif d’atteindre le plein-emploi à la fin de son mandat, c'est-à-dire selon la définition consacrée que le chômage ne dépasse pas 5% de la population active. Actuellement, le chômage pointe à 7,4%. 

Pour y arriver, Emmanuel Macron entend notamment  réformer “Pôle emploi” qui deviendra “France Travail”, un guichet unique regroupant tous les acteurs, locaux et nationaux.

L’indemnisation du chômage sera aussi réformée, si le chef de l'État est réélu, pour varier en fonction de la conjoncture économique. Lorsqu’il y a du travail, les chômeurs seront moins indemnisés. Lorsque le chômage remontera, les indemnisations seront plus généreuses. Le candidat présente cela comme un moyen d’inciter les chômeurs à reprendre un emploi.

Un RSA conditionné à des formations

Autre proposition d'Emmanuel Macron, les bénéficiaires du RSA devront consacrer 15 à 20 heures par semaine à des activités d’insertion afin de toucher les 550 euros du Revenu de Solidarité Active. 

Cette mesure est très contestée à gauche où l’on fait remarquer que quelqu’un qui travaille 20 heures par semaine pour 500 euros par mois serait rémunéré environ 7 euros de l’heure. Elisabeth Borne, la ministre du Travail a dû préciser que l’on ne parle pas de “travail”, mais d’activité de formation ou d’immersion en entreprise.

Dans le programme d'Emmanuel Macron il est aussi prévu un dispositif pour obliger les entreprises, lorsqu'elles versent des dividendes à leurs actionnaires, à verser aussi des primes ou de l'intéressement à leurs employés.

Enfin, le président-candidat souhaite que le compte épargne temps (CET) soit à l’avenir transférable d’une entreprise à l’autre. Ainsi, en changeant d’emploi on garderait les jours de congés épargnés tout au long de sa carrière.

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Marine Le Pen veut la priorité nationale à l'emploi

C’est la mesure phare de la candidate Marine Le Pen: la priorité nationale, pour l’obtention d’un logement, pour les prestations sociales mais aussi et surtout pour l’emploi. Cela veut dire qu'à compétence égale, un employeur serait obligé de choisir le candidat français plutôt qu'un candidat etranger.

Cette mesure pourrait ne pas être jugée conforme à la constitution mais Marine Le Pen souhaite modifier la constitution par référendum pour y inscrire cette préférence nationale. Le Rassemblement national entend aussi encourager le patriotisme économique en donnant la priorité aux PME pour l’obtention des marchés publics. 

Marine Le Pen veut aussi favoriser l’apprentissage à travers un chèque formation de 200 à 300 euros, versé aux apprentis, aux alternants et aux entreprises formatrices. Son programme prévoit aussi que les jeunes de moins de 30 ans ne paieront plus aucun impôt sur le revenu, quel que soit leur niveau de salaire.

Une opposition changeante sur les retraites

C'est sûr la question des retraites que cette opposition semble la plus forte. Les deux programmes sont radicalement différents en apparence puisque Marine Le Pen promettait la retraite à 60 ans, et Emmanuel Macron à 65 ans. Sauf que les choses ont bougé. Marine Le Pen a finalement précisé que la retraite à 60 ans ne concernait que ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans. Ce qui en fait est déjà le cas avec le dispositif carrière longue. 

Pour ceux qui ont commencé à 25 ans, il leur faudra avoir travailler 42 ans et donc partir à 67 ans. En fait, c’est très proche du système actuel. Ce que propose Marine Le Pen c’est le statu quo.

Emmanuel Macron lui propose de repousser l'âge légal de départ à la retraite. Il est actuellement à 62 ans, il sera retardé de 4 mois par an, pour atteindre 64 ans en 2028. Et on fera le point à ce moment là pour savoir si on continue pour atteindre 65 ans en 2031. Mais Emmanuel Macron garde les exceptions pour les carrières longues et les emplois pénibles. Si bien qu’au bout du compte, il y a moins de différences entre les deux programmes, que ce qu’on pouvait croire au départ.

Nicolas Poincaré (édité par MM)