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La France insoumise repart en campagne contre la vie chère... et se prépare à une dissolution

Un meeting de la France Insoumise à Marseille, le 27 mars 2022

Un meeting de la France Insoumise à Marseille, le 27 mars 2022 - CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

INFO RMC/BFMTV. Meetings, tracts, actions militantes et réorganisation du mouvement: La France insoumise va lancer une campagne contre la vie chère pour occuper le terrain d'ici une possible dissolution de l'Assemblée nationale.

Selon les informations de RMC et BFMTV, La France insoumise, le parti de Jean-Luc Mélenchon, va lancer une campagne contre la vie chère. Une manière aussi d'occuper le terrain dans l'hypothèse d'une dissolution de l'Assemblée nationale et d'une nouvelle campagne législative à mener tambour battant.

"C'est un tour de chauffe. Les campagnes, c'est ce qu'on sait faire. On est ultra prêts ! On est députés et surtout militants " assure un député insoumis.

Une "grosse action" d'ici la fin de l'année

Une vingtaine de meetings et réunions publiques auront lieu d'ici la fin de l'année 2022. Jean-Luc Mélenchon ouvrira le bal, lundi 14 novembre, à Clermont-Ferrand, comme l'a déjà annoncé le mouvement. Il devrait aussi tenir un autre meeting avant Noël. Les autres réunions seront menées par les figures de LFI, principalement des députés, parfois en binôme selon le mouvement. Elles auront surtout lieu dans des villes de tailles intermédiaires.

Des villes pas choisies au hasard, explique Manuel Bompard: "Nous tiendrons des meetings en particulier dans des circonscriptions où nous avons perdu de peu les législatives de juin. Ce sont des circonscriptions de conquête en cas d'éventuelle dissolution".

"On est prêt à gouverner. On est en campagne permanente. Il faut aller convaincre, expliquer. Il y a urgence à gagner. J’assume qu’on est prêt à une dissolution, à n'importe quel moment", ajoute une parlementaire LFI.

Un nouveau tract

Selon nos informations, les insoumis vont aussi mener une "grosse action" militante sur l'ensemble du territoire d'ici la fin de l'année. Une action là encore sur le thème de la vie chère. Un nouveau tract (voir ci-dessous) est également lancé, imprimé à 2 millions d'exemplaires et qui sera diffusé par les militants sur le terrain à partir de la semaine prochaine. Comme si une nouvelle campagne était imminente, le tract contient un tableau comparatif des propositions de la Nupes, d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen. C'est un dispositif déjà utilisé pendant la présidentielle de 2022. Enfin, pour la première fois depuis la fin des legislatives et la fameuse affiche "Mélenchon premier ministre", le visage de Jean-Luc Mélenchon figure sur le tract.

Par ailleurs, pour poursuivre la mobilisation, chacun des 75 députés LFI s'apprête à "parrainer" un département dépourvu d'élu LFI. Les députés LFI sont donc élus dans leurs départements mais pourront aussi mener des actions militantes dans les départements sans élus insoumis. Par exemple, l'insoumise Raquel Garrido est députée de Seine-Saint-Denis mais aussi marraine des insoumis dans le Var. "L'objectif est d'éviter la création de désert insoumis" justifie-t-elle.

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Une réorganisation de La France insoumise

Dans le même temps, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon se réorganise en vue des futures élections. La France insoumise s'apprête à annoncer des changements dans l'organisation du parti. Des nouveaux espaces de travail vont être créés notamment sur la formation et un autre "sur le développement de nouveaux objectifs" explique un stratège. Ce dernier espace de travail aura pour mission d'établir une stratégie pour conquérir de nouveaux territoires, et donc de nouvelles circonscriptions en cas de législatives avancées. Selon une députée du mouvement, cela pourrait également passer par l'achat de permanences LFI dans les territoires à conquérir.

Par ailleurs, selon les informations de RMC et BFMTV, LFI va relancer son Assemblée représentative qui devrait se réunir mi-décembre. Une sorte de Parlement interne à LFI pour là encore "travailler à la mise en œuvre des campagnes qui seront lancées". Cette assemblée réunira une cinquantaine de cadres membres de la coordination du mouvement, ainsi que 100 militants tirés au sort, soit un par département.

Cette réorganisation et ces nouvelles mobilisations ne sont menées que par La France insoumise et non par la Nupes. Le 16 octobre, l'union des partis de gauche avait organisé à Paris une marche "contre la vie chère et l'inaction climatique". Depuis les insoumis tentaient de convaincre leurs partenaires d'organiser de nouvelles mobilisations, mais ils se sont heurtés à leur frilosité.

"Il y a une différence d'appréciation sur ce qu'il fallait faire avant la fin de l'année. La France insoumise était plus partante que nous à lancer une initiative" reconnaît Hélène Hardy, qui s'occupe des relations d'EELV avec les autres partis. "Ils ont droit d'organiser des choses eux-mêmes. Personne n'est prisonnier de la Nupes" ajoute-t-elle. Les quatre partis de gauche envisagent en revanche de se retrouver en janvier dans la rue pour s'opposer à la réforme des retraites.

Anthony Lebbos (BFMTV) et Cyprien Pézeril (RMC)