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Le Maire et Darmanin exclus des Républicains: "le parti s'accroche à ses vieilles valeurs"

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Nommés au gouvernement, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, en plus du Premier ministre Edouard Philippe, "ne font plus partie des Républicains" a annoncé mercredi Bernard Accoyer. Clément Forester, élu des Républicains à Montrouge, proche du nouveau ministre de l'Economie s'étonne que son parti soit si prompt à sanctionner les trois membres du gouvernement venus de LR.

Clément Forestier, 28 ans, élu Les Républicains à Montrouge, ancien délégué national des jeunes LR, soutien de Bruno Le Maire.

"Sur Twitter, j’ai fait ce message sur l’instant et en réaction aux propos un peu virulents de certains Républicains, qui se sont d’ailleurs un peu apaisés depuis. Mais c’est un peu triste de voir que lorsque l'on essaie de faire preuve de bonne volonté et d’être utile à son pays, ce qui devrait être le cœur de tout homme politique, on est exclu d’un grand parti. Dans le même temps, on s’est entêté à maintenir à tout prix François Fillon candidat alors qu’il était mis en examen et qu’il s’était lui-même engagé à ne pas continuer si c’était le cas.

Ça donne une curieuse image de ce parti, qui est en pleine recomposition et s’accroche à ses vieilles valeurs plutôt que d’essayer d’être progressiste et d’entrer dans le monde du 21e siècle. La position des Républicains n’est pas claire. Le communiqué dit ‘Gérald Darmanin, Edouard Philippe et Bruno Le Maire se sont exclus d’eux-mêmes’. Moi je n’ai pas l’impression qu’ils se soient exclus ou qu’ils aient eu la volonté de quitter leur famille politique.

"On ne se grandit pas beaucoup en tapant sur les membres de sa propre famille politique"

Parler d’exclusion, quelques minutes après la nomination des ministres… Quand on sait qu’il y a chez Les Républicains quelques candidats dissidents contre les candidats officiellement investis par LR, qui eux ne sont pas exclus… C’est quand même curieux comme procédé. On ne se grandit pas beaucoup en tapant sur les membres de sa propre famille politique qui sont aujourd’hui des ministres de la République. On ferait mieux de taper sur le Front national.

Moi, j’ai quitté mes fonctions opérationnelles chez LR petit à petit au cours de la campagne de Fillon. Et j’ai pris la position de dire que maintenant que c’était fait, il fallait aider Emmanuel Macron en essayant de redorer un peu le visage de la droite. En montrant de la bonne volonté et l’envie de participer à un projet de redressement progressiste et libéral.

Je reste encarté aux Républicains, clairement. Mais dans une optique productive. Dans la logique d’essayer de faire avancer mon pays et les idées que je porte. Qui sont principalement des idées libérales économiquement, des idées progressistes socialement. Des idées qui correspondent à ce qui a toujours été une partie de la droite. Et qui ont toujours été les idées de la droite lorsqu’elle gagne des élections ".

Propos recueillis par Antoine Maes