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Le ministre du Travail, Olivier Dussopt, était auparavant contre le report de l'âge de la retraite

L'actuel ministre du Travail, Olivier Dussopt, a commencé la politique au Parti socialiste. Si aujourd'hui, il mène la réforme des retraites, il n'y était pas du tout favorable il y a quelques années. En 2010, il avait même signé une tribune pour dire qu'il fallait garantir la retraite à 60 ans.

À 44 ans, Olivier Dussopt, le ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, mène la réforme des retraites. C'est lui qui se trouve sur le devant de la scène et qui tente de convaincre des bienfaits de ce projet, avec Élisabeth Borne, la Première ministre.

Pourtant, ses relations avec le président de la République n'ont pas bien commencé. En effet, Olivier Dussopt peut se vanter d'être le seul ministre à l'avoir traité de "connard".

En septembre 2014, tout juste nommé ministre de l’Économie, Emmanuel Macron avait évoqué à la radio les ouvrières illettrées des abattoirs Gad. C'est à ce moment qu'Olivier Dussopt l'a insulté. Il l'avait croisé le même jour à l’Assemblée nationale et il lui avait dit: "Je suis député de l'Ardèche, ma mère est ouvrière, n'a pas de diplôme et a été licenciée à deux reprises. Vous l'avez insultée". Les deux hommes s'étaient ensuite réconciliés.

Le benjamin de l'Assemblée nationale en 2007

L'actuel ministre du Travail est effectivement un fils d’ouvrier, qui a grandi à Annonay, en Ardèche. Il a milité à gauche très jeune, et a adhéré au Parti socialiste, où il a soutenu Benoît Hamon, puis Martine Aubry et Manuel Valls. En 2007, il a été élu député, à 29 ans, et est devenu le benjamin de l’Assemblée nationale. Il a été réélu en 2012 puis en 2017, toujours sous l’étiquette socialiste.

Son destin bascule en octobre 2017 lorsqu'Emmanuel Macron lui propose d'entrer au gouvernement. Il accepte et se fâche avec beaucoup de ses amis. Il est même exclu du PS mais il fait son chemin au sein de la macronie, où il passe pour le leader de l’aile gauche de la majorité.

S'il soutient et gère la réforme des retraites aujourd'hui, il n'a pas toujours été sur cette même ligne. Il était même farouchement opposé à un éventuel report de l'âge de la retraite. Lorsque Nicolas Sarkozy a fait passer l'âge de départ de 60 à 62 ans en 2010, il a trouvé cela scandaleux et a signé une tribune pour dire que la retraite à 60 ans devait être garantie: c'était une évidence.

La caution de gauche pour faire passer des réformes de droite?

Maintenant, il explique que les choses ont changé depuis ses déclarations de 2010. Le déficit s’est creusé et l'espérance de vie a augmenté. En tout cas, c'est lui aujourd’hui qui va mettre en musique la retraite à 64 ans ou 65 ans, après avoir déjà mené la réforme de l’assurance chômage qui réduit la durée d'indemnisation du chômage. 

Emmanuel Macron, visiblement pas rancunier d’avoir été traité de connard, dit beaucoup de bien de lui, le trouve très talentueux, et lui a confié la réforme la plus importante de son quinquennat. Cela commence à provoquer quelques jalousies. Ses anciens amis socialistes estiment qu’il est la caution de gauche pour faire passer des réformes de droite. Lui a répondu qu’il n’avait pas une tête de caution.

AB avec Nicolas Poincaré