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Législatives: "arrogance", "toute-puissance", la méthode et le ton d'Emmanuel Macron en cause

Pas de majorité absolue, des ministres et des cadres battus... Le réveil est difficile ce lundi pour le parti présidentiel, au lendemain du second tour des élections législatives. Un résultat qui impacte directement Emmanuel Macron et son gouvernement, comme l'ont souligné "Les Grandes Gueules" ce lundi sur RMC.

Par la voix de la Première ministre Élisabeth Borne, et par celle d’Emmanuel Macron lui-même, le gouvernement avait appelé pendant l’entre-deux-tours de ces élections législatives à donner une majorité forte au parti au pouvoir. Malgré cela, la majorité présidentielle se réveille groggy, encore sous le choc de ne pas avoir obtenu une majorité absolue à l’Assemblée, avec également la défaite de nombreux cadres du parti.

Une victoire, puisqu’ils ont tout de même eu le plus de députés, 245 exactement contre 131 pour la Nupes et 89 pour le RN, qui sonne comme une défaite pour le parti et pour le président de la République Emmanuel Macron.

Pour l'entrepreneur Mehdi Ghezzar, ce scrutin, c’est avant tout la responsabilité du chef de l’Etat.

“Il a tout raté dans sa campagne, que ce soit présidentielle ou législative. Il n’a pas fait campagne tout simplement. Quand quelqu’un ne fait pas de campagne, automatiquement les électeurs se détournent. Pour la présidentielle, ça a marché parce qu’il y a eu un vote contre quelqu’un, contre le RN. Emmanuel Macron s’est reposé sur des bases et ces bases-là n’ont pas été élues. C’est le cas de Castaner, de Ferrand… Ce sont eux qui représentaient le macronisme à outrance et ce sont eux qui ont été dégagés du système électoral. Il y a eu un rejet du système de Macron”, estime-t-il ce lundi dans les “Grandes Gueules” sur RMC et RMC Story.

Un avis que partage Zohra Bitan. Elle juge que le résultat de ces législatives est “une gifle”. Mais selon elle, ce résultat ne prend pas sa source dans la campagne, mais bien plus loin. Elle juge que c’est le résultat de la politique et de la manière de gouverner de LREM pendant ces cinq dernières années.

“Je pense que les Français ont davantage sanctionné ce gouvernement sur sa méthode, sur sa toute-puissance. Quand on a gouverné de cette façon, en étant certain d’avoir explosé les partis traditionnels... Si j’ose dire, j’espère que ça va recaler le président et sa majorité pour essayer de gouverner avec tout le monde. Essayer de gouverner en ayant comme fil conducteur ce que les réformes peuvent apporter au pays. Il ne faut pas oublier que pendant cinq ans, ce gouvernement a fait des choses avec lesquelles on peut être d’accord ou pas, mais même les choses avec lesquelles les Français peuvent être d’accord, elles ont été invisibilisées par la méthode, par une forme de mépris et la toute-puissance. Donc, là, ils sont obligés de revoir leur copie et c’est tant mieux”, détaille-t-elle.

Un remaniement à venir

L’avocat, Charles Consigny, soutien de Valérie Pécresse pendant la présidentielle, estime quant à lui que l’absence de majorité absolue est d’abord un changement de manière de voter des Français.

“Emmanuel Macron ne peut pas avoir tout ce qu’il veut. Il a péché par arrogance, beaucoup de suffisance, un ton des macronistes toujours insupportable et une manière de faire voter le pistolet sur la tempe qui ne marche plus. On ne peut plus dire aux gens, c’est soit nous, soit les nazis, c’est soit nous, soit Staline, c’est soit nous, soit les Khmers rouges… Ça ne marche plus. Les Français ont exprimé leur volonté de retrouver le vote. Ils ne veulent plus voter par défaut, mais par adhésion à certaines idées”, explique-t-il.

Outre Christophe Castaner et Richard Ferrand, cadres du parti présidentiel, sur les 15 membres du gouvernement qui se présentaient aux législatives, trois n'ont pas été élus: la secrétaire d’Etat chargée de la mer Justine Bénin, la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon et la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin.

Guillaume Descours