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Législatives: la révolte des éléphants socialistes face à l'accord PS/LFI

François Hollande, Jean-Marc Ayrault, Bernard Cazeneuve... les éléphants socialistes sont vent debout contre l'accord signé entre le PS et la France Insoumise.

Vent de fronde au PS. Après l'accord signé entre le Parti socialiste et la France insoumise pour les élections législatives et avant la ratification de cet accord par le Conseil national du parti, prévu ce jeudi, différentes voix contre l'accord se font entendre au sein du parti qui gouvernait il y a cinq ans.

Ancien Premier ministre de François Hollande, Bernard Cazeneuve, annonce à la Manche Libre avoir claqué la porte du parti, en désaccord avec l'alliance passée avec "le parti de Jean-Luc Mélenchon".

"La France Insoumise est une formation politique, dont j'ai eu à subir la violence, l'outrance des positions, les insultes aussi quand j'étais au gouvernement, notamment lorsque s'est produite la mort de Rémi Fraisse", a rappelé l'ancien ministre de l'Intérieur de Manuel Valls.

Autre mécontente de poids, l'actuelle présidente du groupe socialiste à l'Assemblée nationale qui explique qu'elle "ne peut soutenir l'accord" avec les Insoumis.

"Pour mon groupe, l'accord exclut quatre circonscriptions de député(e)s sortants. Soutenir cet accord me conduirait à trahir mes collègues", explique-t-elle dans un communiqué.

François Hollande "récuse" l'accord, "du rafistolage" pour Ayrault

De son côté, François Hollande "récuse l'accord sur le fond et même sur les circonscriptions." Le chef de l'État de 2012 à 2017 a précisé qu'il s'exprimerait plus en détail "en début de semaine prochaine", tout en concédant que "c'est une question qui doit être tranchée par le conseil national du PS". Il y a quelques jours, celui qui a été le plus long premier secrétaire de l'histoire du Parti socialiste, s'était alarmé d'une possible disparition du Parti socialiste.

Autre voix discordante, celle d'un autre ancien Premier ministre hollandais, l'ancien maire de Nantes, Jean-Marc Ayrault: "Je suis profondément déçu par le texte qui vient d'être rendu public. Je vous dis mon désaccord avec regret. C'est du rafistolage. Il y a une forme de démission qui n'est pas défendable", dénonce-t-il pointant le "prix exorbitant" payé par le PS, qui serait "absent dans 500 circonscriptions sur 577".

"Après un tel échec à l'élection présidentielle, je mesure l'aspiration à l'unité, mais on ne peut pas la faire à n'importe quel prix et au dernier moment, sur des bases à la fois floues et avec des désaccords aussi profonds", estime-t-il.

L'ancien président du groupe socialiste à l'Assemblée a jugé que le PS pouvait "garder un groupe parlementaire", sans accord avec LFI, grâce à la "bonne implantation" de ses députés.

Bartolone et Cambadélis mécontents

Plus tôt ce mercredi, l'ancien président de l'Assemblée Nationale, Claude Bartolone, et un autre ancien Premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, s'inquiétaient de cet accord programmatique et législatif avec les Insoumis.

En réponse à son successeur à la tête du département de la Seine-Saint-Denis et pro-accord, Stéphane Troussel, Claude Bartolone déclarait que "la sympathie ne peut couvrir les désaccords. Ici se termine notre aventure commune".

"La direction du PS dit partager des objectifs programmatiques communs avec Mélenchon. Ce qui est la signature d’une reddition. J’appelle les socialistes à refuser cet accord sous toutes les formes possibles que ce soit lors d'un vote des militants ou au Conseil national ou autre", a pour sa part critiqué Jean-Christophe Cambadélis. 

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC