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Législatives: pourquoi certains élus socialistes refusent l'accord avec La France insoumise

Peur des parachutages, "reddition", certais socialistes voient d'un mauvais œil un accord avec La France insoumise pour les législatives malgré l'échec cinglant du PS à la présidentielle.

Après l’accord trouvé entre écologistes et insoumis, LFI tente désormais un rapprochement avec le PS. Mais ce rapprochement est loin de faire l'unanimité à gauche. Mille responsables locaux et nationaux du PS ont ainsi signé la lettre d'Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin, qui plaide pour un refus d'alliance avec La France insoumise.

"Ce n’est pas une négociation ou un accord qui est proposé, c’est une reddition", est-il écrit dans cette lettre adressée au premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure.

Dans les quartiers populaires, plus d'une centaine d’élus EELV, PS, LFI, Génération.s et PRG ont signé une tribune, qui doit être prochainement publiée, et qui souligne les craintes de voir les élus locaux invisibilisés par les tractations entre les partis: "Bien sûr qu’il faut une union mais à chaque fois qu’il y a des accords, c’est toujours les mêmes qui disparaissent", assure à RMC Akli Mellouli, maire adjoint de Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) et membre du bureau national du PS.

La crainte de parachutages

Les signataires craignent aussi des parachutages qui viendraient remplacer les élus locaux dans les circonscriptions les plus en vue: "On a peur que ces tractations oublient les acteurs locaux, les gens des territoires parce qu’il faudra sauver telle ou telle personne et qu’il faudra lui trouver un point d’ancrage, ça s’est fait aux régionales, ça se fait tout le temps", ajoute Akli Mellouli.

"On veut que les élus locaux, les acteurs associatifs prennent toute leur part et apportent leur contribution. On les sollicite pour voter et bien il faut leur apporter cet effet miroir et les mobiliser sur les territoires pour qu’ils se reconnaissent à travers leurs élus", conclut-il.

Dans ce contexte, les négociations vont prendre du temps. Après un premier round lundi, socialistes et insoumis doivent de nouveau discuter ce mardi: "Les nuits sont courtes et longues mais on va continuer à faire en sorte qu'un accord arrive le plus tôt possible", espère Manon Aubry, négociatrice de La France insoumise. "L'objectif c'est quand même de faire campagne et d'aller convaincre les gens que passer du temps en intérieur à négocier", assure-t-elle.

La rédaction de RMC