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Manifs interdites: des députés demandent des sanctions contre les élus participant

36 députés de la majorité (Renaissance et MoDem) ont appelé mercredi à des "sanctions" de l'Assemblée nationale contre les députés participant à des manifestations interdites, à l'instar de ceux présents samedi à Sainte-Soline contre un projet de retenue d'eau.

"Scandaleux". C'est par ce terme que 36 députés de la majorité présidentielle ont qualifié la présence de députés participants à des manifestations interdites, comme celle de Sainte-Soline ce samedi, appellant dans une lettre à la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, à des "sanctions" de la part de la chambre basse du Parlement.

"Nous trouvons scandaleux que des députés puissent participer à une manifestation qui a été jugée illégale. Nous demandons à ce que ces députés puissent être sanctionnés par l'Assemblée nationale, comme on peut l'être en cas de comportement qui enfreint le règlement dans l'hémicycle", a détaillé le député Renaissance Damien Adam, à l'origine de la requête.

"Nous avons été particulièrement choqués par la présence de ces députés dont certains ont revêtu leur écharpe tricolore, aux côtés notamment des blacks blocs dans une manifestation interdite par la préfecture", écrit le député dans cette lettre. Les parlementaires demandent précisément une "réunion de la conférence des Présidents de l'Assemblée" pour "définir des règles précises et des sanctions en cas de comportements contraires à la loi des députés dans le cadre de leur mandat".

"Piétiner la Constitution" pour Sandra Regol

"Ils osent tout, y compris piétiner la Constitution. C'est la démocratie, la co-construction et le dialogue parlementaire version Renaissance", a dénoncé sur Twitter la députée écologiste Sandra Regol.

Les trois députés écologistes indirectement visés par cette lettre sont Sandrine Rousseau, Lisa Belluco et Charles Fournier. Ils étaient tous les trois présents, ce samedi, à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) lors de la manifestation interdite par la préfecture contre chantier de méga-bassines, qui a donné lieu à de violents heurts entre des militants radicaux et les forces de l'ordre.

61 gendarmes ont été blessés dont 22 sérieusement, selon le ministère de l'Intérieur, et une cinquantaine de manifestants selon les organisateurs. "Des scènes inacceptables et profondément choquantes" pour la Première ministre Elisabeth Borne, qui accordant que "la majorité des manifestants étaient pacifiques."

Ces "méga-bassines" de plusieurs centaines de milliers de mètres cubes chacune sont dénoncées par leurs détracteurs comme un "accaparement de l'eau" par l'agro-industrie du maïs, doublé d'une aberration écologique à l'heure du réchauffement climatique.

MM avec AFP