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Présidentielle: deux maires du Gers dénoncent l'annulation des votes de leurs communes

Une électrice vote au deuxième tour de la présidentielle, le 24 avril 2022 à Lavau-sur-Loire, en Loire-Atlantique. (Photo d'illustration)

Une électrice vote au deuxième tour de la présidentielle, le 24 avril 2022 à Lavau-sur-Loire, en Loire-Atlantique. (Photo d'illustration) - Loic VENANCE © 2019 AFP

Les votes ont été annulés car un "seul membre du bureau de vote" était présent sur place, indique le Conseil constitutionnel. A l'échelle nationale, plus de 20.000 voix ont été annulées.

Deux maires du Gers ont vivement dénoncé vendredi l'invalidation des votes de leurs communes au second tour de l'élection présidentielle, l'un d'eux demandant au Conseil constitutionnel de "lever l'opprobre et le discrédit" ainsi jetés sur ces municipalités.

Selon ces maires gersois, les suffrages cumulés de leurs communes représentent 15% de la totalité des votes invalidés à l'échelle nationale. Les 1974 suffrages exprimés à Eauze, ainsi que les 894 à Nogaro ont été annulés, du fait que la magistrate déléguée du Conseil constitutionnel "a constaté, lors de son passage, qu'un seul membre du bureau de vote était présent", a précisé l'institution mercredi dans sa proclamation des résultats.

Un "rapport faux et délétère"

"Le Conseil s'appuie sur ce rapport faux et délétère. Il dit qu'il n'y a avait qu'une personne par bureau de vote, c'est n'importe quoi!", a déclaré le maire d'Eauze, Michel Gabas, à un correspondant de l'AFP. "Quand elle est venue, j'étais à la Journée des déportés pendant 40 minutes, pour déposer des fleurs devant la tombe commémorative. Quatre adjoints étaient présents au bureau de vote à ce moment-là", a-t-il précisé.

Le maire de Nogaro, Christian Peyret, a ajouté: "Quand la magistrate est venue, j'étais devant la salle et en tant que président du bureau de vote, je discutais avec des habitants".

"Elle m'a dit que ma place était à l'intérieur et non pas devant, d'un ton véhément, impoli. Je ne pensais pas qu'on irait jusqu'à l'invalidation du scrutin", a-t-il déploré.

"Désarroi" et "incompréhension"

Précisant avoir "signalé l'incident au préfet dimanche", Michel Gabas, maire d'Eauze depuis quatorze ans, a écrit au président du Conseil constitutionnel, Laurent Fabius.

Dans ce courrier, auquel l'AFP a eu accès, il exprime "surprise", "désarroi", "incompréhension" et invoque de la part de la magistrate déléguée "une méconnaissance des processus administratifs", une "interprétation détournée, entachant de manière évidente la réputation et le sérieux de toute une ville".

"Je vous demande de bien vouloir lever l'opprobre et le discrédit qui se sont abattus sur notre commune et notre administration", écrit-il au président du Conseil, en se disant conscient "qu'aucun recours contentieux ne peut être engagé".

Plus de 20.000 votes annulés

Au total, le Conseil constitutionnel a dû annuler 20.594 votes, en raison d'infractions au code électoral, comme la non-conformité d'une urne, des problèmes au moment du dépouillement ou encore l'aménagement d'un bureau de vote dans une église.

Sur l'ensemble des communes et bureaux dont les suffrages de dimanche ont été annulés, Eauze est avec 1974 votes celle qui en comptait le plus, d'après les chiffres publiés par le Conseil constitutionnel.

L'annulation des votes de Lourdios-Ichère, dans les Pyrénées-Atlantiques, a fait parler d'elle puisque Jean Lassalle, candidat malheureux à la présidentielle, y a publiquement mis en scène son abstention au second tour sans passer par l'isoloir.

E.R. avec AFP