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Scrutin annulé dans sa commune après son abstention: Jean Lassalle est prêt à aller en prison

Jean Lassalle s'est dit prêt à aller en prison après les remontrances du Conseil constitutionnel. Le candidat à la présidentielle s'était fait filmer dans son bureau de vote au second tour, mettant son bulletin dans sa poche pour s'abstenir. Un geste considéré comme "de nature à altérer la sincérité du scrutin" par les Sages.

Il avait annoncé qu'il voterait blanc, il s'est finalement abstenu. Jean Lassalle, qui avait finalement glissé dans sa poche son bulletin devant l'urne du bureau de vote de Lourdios-Ichère (Pyrénées-Atlantiques) dimanche, a fait annuler tout le scrutin de sa commune.

C'est ce qu'a assuré le Conseil constitutionnel mercredi, annulant ainsi les 90 votes de la commune de 136 habitants. "Ces agissements ont, eu égard à la notoriété de M. Lassalle dans la commune de Lourdios-Ichère et à sa qualité de député et d'ancien maire, été de nature à altérer la sincérité du scrutin dans cette commune", estiment les Sages, qui ont ajouté que "des poursuites pénales" étaient susceptibles d'être engagées.

"Je veux publiquement répondre de mon acte"

Dans la foulée, Jean Lassalle a répondu au Conseil constitutionnel, excluant toute mise en scène, ajoutant que personne, à part son fils qui le filmait et les assesseurs, ne se trouvait dans le bureau de vote au moment où il s'est abstenu.

"J'ai la seule responsabilité de l'acte que j'ai posé. Je demande pardon au bureau présent, à l'ensemble des citoyens de la commune de Lourdios-Ichère pour le plus grand déshonneur qu'ils ont à essuyer à cause de moi depuis que la commune existe. Je le ferai personnellement auprès de chacun d'entre eux, un par un", a-t-il assuré dans un communiqué publié sur Twitter, demandant à ce que soit levée "la sanction" infligée à la commune.

Le candidat malheureux à la présidentielle a également pressé le Conseil constitutionnel d'engager lesdites poursuites pénales à son égard en échange de la levée de la sanction contre la commune: "Je vous demande de faire engager sans délai les poursuites pénales que vous évoquez à mon égard".

"Je veux publiquement répondre de mon acte et en payer les éventuelles conséquences prévues par la loi: peine de prison, retrait de mes droits civiques, amendes... Si la grande institution de la République que vous présidez ne jugeait pas opportun de donner suite, je ferai appel en vos lieux et places à qui de droit pour que la justice passe", a-t-il ajouté.

Au premier tour de l'élection présidentielle, Jean Lassalle avec récolté plus d'un million de voix et 3,13% des suffrages sous l'étiquette de son mouvement Résistons!. Il n'avait ensuite pas donné de consignes de vote, assurant qu'il allait voter blanc avant finalement de s'abstenir. Et d'en subir les conséquences.

G.D.