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Réformes des retraites: au sein de la majorité, des premières voix s'élèvent contre la réforme

C'est ce jeudi que va avoir lieu la première grande journée de mobilisation contre la réforme des retraites. Mardi, des premières voix au sein de la majorité présidentielle se sont élevées contre la réforme. Alors est-ce un début de fronde ou simplement le débat démocratique?

Alors que l'opposition, surtout à gauche, monte en puissance contre la réforme des retraites, quelques voix dissonantes commencent à se faire entendre aussi au sein de la majorité. Des divergences pas forcément les bienvenues pour l'exécutif, à la veille de la grande journée de mobilisation contre la réforme et alors que le texte doit être présenté lundi en Conseil des ministres.

“Le texte comme il est aujourd'hui, je ne le voterai pas”. C'est le premier à assumer au micro son opposition au texte actuel: Patrick Vignal, député Renaissance, compte sur les débats au Parlement pour que celui-ci soit modifié.

“Ou on est des godillots et simplement on appuie sur un bouton, ou on a nos collègues de l’opposition qui disent retirer le texte, ou autrement, ensemble, on essaye de le faire évoluer”, assurait-il au micro des "Grandes Gueules" sur RMC ce mardi.

Dans son viseur, le manque de mesures pour renforcer l'emploi des séniors. Autre voix dissonante de la majorité et pas des moindres, la députée et ex-ministre Barbara Pompili, qui dénonce carrément les "injustices" liées au recul de l'âge de départ à la retraite.

La réforme des retraites, un "engagement présidentiel"

Pas de fronde, alerte Gilles Le Gendre, qui votera la réforme. Simplement le débat démocratique qui vit. “Je récuse l’idée, même pour un responsable de la majorité, que sous-prétexte que le texte arrive au Parlement, on ne peut plus y toucher. Le droit de discuter ce texte est inaliénable”, appuie-t-il.

Inaliénable, certes, mais le député Sylvain Maillard insiste: la réforme est dans le contrat passé entre la majorité et les électeurs.

“C’est un engagement présidentiel et de chacun des députés de la majorité présidentielle qui savaient très bien qu’il y aurait une réforme des retraites”, insiste-t-il.

Et selon lui, le recul du départ à la retraite à 64 ans, et non plus 65 ans comme prévu, est un pas à prendre en compte.

Hélène Terzian avec Guillaume Descours