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Ukraine, Stade de France, inflation... ce qu'il faut retenir de l'interview de François Hollande

François Hollande, l'ancien président de la République, a répondu ce mercredi aux questions d'Apolline de Malherbe sur RMC-BFMTV. Il a estimé qu'Emmanuel Macron devrait se rendre en Ukraine. Il est aussi revenu sur les incidents du Stade de France, estimant que toute la lumière devait être faite sur ces événements en vue des grosses échéances que sont la Coupe du monde de rugby en 2023 en France et les JO en 2024 à Paris.

Guerre en Ukraine: "Emmanuel Macron devrait aller à Kiev" selon François Hollande"

"Emmanuel Macron devrait aller à Kiev puisqu’il est président de l’Union européenne, même si cela va se terminer bientôt. La France est attendue, elle est même souhaitée. Il aurait pu y aller pendant la période des élections, mais certains y auraient peut-être vu une sorte de récupération. Il aurait pu y aller au lendemain de son élection, il est temps qu’il y aille maintenant".

Incidents au Stade de France: la capacité à organiser des grands évènements mise en doute

"Il faut tout connaître de ce qu’il s’est passé pendant cette soirée, parce que même s’il n’y a pas eu de victime heureusement, il y a eu des images, des comportements et des faits qui sont inexcusables. Donc, à partir de là, il faut que tout soit mis à jour. Combien y avait-il de faux billets, quels ont été les comportements des supporters de Liverpool, pourquoi il y a eu des files d’attente aussi importantes, pourquoi il y a eu des lacrymogènes qui ont été lancées sur des gens qui attendaient sagement de pouvoir pénétrer dans le stade. Nous devons le savoir par respect pour le supporter et aussi parce que nous avons des échéances qui arrivent bientôt avec la Coupe du monde de rugby en 2023 et les JO en 2024. Après, c’est un événement qui a été précipité puisqu’il devait être organisé à Saint-Pétersbourg, ça a été remis ici à Paris donc il y a eu sans doute un défaut de préparation, d’anticipation".

Inflation: "Il est très important qu’il y ait un effort salarial"

"L’outil immédiat, ce sont les salaires. Il y a un moment, quand les prix augmentent et que les salaires ne suivent pas, il y a une amputation du pouvoir d’achat et donc un risque pour l’activité économique et puis un risque social. Ce sont souvent les salariés les plus modestes qui souffrent le plus. Donc il est très important qu’il y ait un effort salarial et pas seulement par des primes ou des chèques. Longtemps, il a été dit que l’inflation serait de courte durée, ce n’est pas vrai. Nous sommes entrés pour un an, deux ans, peut-être davantage, dans une période où l’inflation va être relativement élevée, c’est-à-dire autour de 5%. Je trouve que le gouvernement prend trop son temps alors qu’il n’y pas de temps à perdre."

La gauche en majorité à l'Assemblée nationale, "pas possible"

"Compte-tenu du niveau de la gauche, je pense qu’il n’est pas possible d’accéder à la majorité. Si la Nupes avait voulu gagner, il aurait fallu présenter beaucoup de candidats socialistes et écologistes alors que dans 350 circonscriptions, ce seront uniquement des candidats LFI, c’est-à-dire ceux qui sont les moins rassembleurs. L'objectif, c’est que Jean-Luc Mélenchon va de nouveau dire qu’il n’a pas pu l’emporter et que donc il faut regarder vers l’élection présidentielle de 2027, alors que le programme de la Nupes est le problème principal. Pour que les Français adhèrent à une solution alternative à celle qui est aujourd’hui appliquée, il faut absolument qu’il y ait un programme qui soit appliqué et applicable. L’accumulation des mesures rend ce programme impossible".

Retrouvez l'interview de François Hollande en intégralité en podcast.

Guillaume Descours