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Inflation: "L'Etat se gave avec la TVA sur l'énergie", accuse le président de l'UFC-Que Choisir

L'inflation continue d'augmenter et dépasse les 5% au mois de mai. Pour le président de l'UFC-Que Choisir, invité d'"Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story, il y a urgence à agir. Et il estime que l'Etat "se gave", notamment en ne baissant pas la TVA sur l'énergie.

L’inflation va durer. C’est ce qu’assure au Figaro le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, qui prévoit "une sortie du pic d’inflation fin 2023". En attendant, l’inflation continue d’accélérer au mois de mai, à 5,2% sur un an, dépassant la barre des 5% pour la première fois depuis septembre 1985, selon une première estimation publiée par l'Insee.

Mais l’inflation pourrait être plus élevée encore. Selon un barème de l’UFC-Que Choisir, elle se situerait déjà au-dessus de 6%. "On a voulu faire un indicateur plus réactif, qui nous donne plus de 6 % d'inflation", explique ce mercredi sur RMC Alain Bazot président de l’UFC-Que Choisir

"Dans les périodes de crise comme ça, il y a toujours des profiteurs. Les compagnies pétrolières vont engranger des sur-bénéfices. L’Etat, qui a besoin d’argent, ne veut pas baisser la TVA. Et plus les prix augmentent, plus l’Etat engrange de l’argent avec la TVA, c’est mécanique", déplore-t-il.

Comment faire des économies?

L’UFC-Que Choisir demande à l’Etat d’avoir une politique fiscale de TVA "plus légitime et plus acceptable", notamment sur les prix de l’énergie. "La TVA est à 20% sur l’énergie. C’est un produit essentiel dit le Conseil d’Etat et pourtant, l’Etat se gave dessus, ce n’est pas normal. Il devrait plutôt y avoir une contribution spéciale pour ceux qui se gavent sur la crise, qui font des sur-profits, et les récupérer", dénonce Alain Bazot.

Pour tenter de dépenser un peu moins d’argent, notamment dans l’alimentation, il conseille de privilégier les circuits-courts: "On l’a constaté, c’est moins cher que la grande distribution. Il faut que les consommateurs renouent avec la recherche d’endroits où il y a de la vente en circuit court". Le résultat ? Des produits moins chers et garants de qualité, assure Alain Bazot.

Il conseille également de changer d’assurance pour les emprunts. "Beaucoup de gens sont endettés en raison d’un emprunt immobilier. La loi qui vient de passer permet aux emprunteurs de changer d’assurance à tout moment et nous aidons les emprunteurs à le faire. Il y a quelques milliers d’euros d’économies à faire", plaide Alain Bazot.

L'"aberration" de la loi Egalim 1

Enfin, il appelle à supprimer la loi Egalim 1, qui oblige les distributeurs à une marge de 10% au moins: "C’est une aberration, c’est une loi scélérate. Bruno Le Maire, que j’ai rencontré au mois de mai, était d’accord avec moi pour dire que cette loi ne devait plus exister. Mais aujourd’hui, il y a un lobby effréné de la FNSEA qui dit que l’augmentation des prix n’a pas bénéficié aux agriculteurs".

"Je ne vois pas comment, parce que j’achète des produits plus chers à la grande distribution, cela peut ruisseler aux agriculteurs. Pendant ce temps-là, les consommateurs subissent la hausse des prix et la FNSEA ne veut pas revenir sur la loi Egalim", accuse-t-il.

En attendant, presque tous les prix augmentent. Ceux de l’énergie ont augmenté de 28% au mois de mai. Ceux de l’alimentation de 4,2% et les prix des services de 3,2%. Seul point de satisfaction, l’inflation en France reste la plus faible en comparaison aux autres pays de l’Union européenne.

Guillaume Dussourt