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Violences conjugales: l'Assemblée vote à l'unanimité une aide d'urgence pour les victimes

Les députés ont voté ce lundi la mise en place d'un système d'aide d'urgence pour rendre plus autonomes les victimes de violences conjugales.

L'Assemblée nationale a voté ce lundi à l'unanimité une aide financière universelle d'urgence pour les victimes de violences conjugales. 120 voix pour, zéro contre: la proposition de loi issue du Sénat était examinée de façon transpartisane, avec un député du RN comme co-rapporteur.

Initialement, le RN avait tenté de reprendre ce texte issu du Sénat à son compte, dans le cadre de sa niche parlementaire. Il a finalement été inscrit à l'ordre du jour de façon transpartisane en "semaine de l'Assemblée".

Ce texte a pour objectif d'aider les victimes à se mettre à l'abri le plus rapidement possible. Eviter que des victimes, parfois dépendantes financièrement de leur bourreau, n'aient pas à revenir à la case départ, à huis clos avec leur agresseur.

"Ensemble, on est capables de s'entendre sur l'essentiel"

L'idée, c'est donc de verser aux victimes de violences conjugales, une aide financière après un dépôt de plainte, un signalement adressé au procureur de la République, ou la prononciation d'une ordonnance de protection.

Cette aide pourra être versée sous forme d'un prêt sans intérêts. Dans ce cas, le remboursement sera assuré par la personne reconnue coupable des violences. Sinon, ce sera sous la forme d'un don pour les victimes les plus démunies.

Le montant, fixé par décret, sera modulable selon les besoins de la victime, et versé dans un délai maximal de trois à cinq jours. Tous les bancs de l'Assemblée saluent une victoire, à commencer par le co-rapporteur du texte, le député du Rassemblement National Emmanuel Taché de la Pagerie. "Ensemble, on est capables de s'entendre sur l'essentiel", a-t-il lancé.

Le ministère de l'Intérieur a recensé 207.743 victimes de violences conjugales en France en 2021, essentiellement des femmes. 122 ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint cette même année.

Hélène Terzian (édité par J.A.)