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Exclure du PS ceux qui soutiennent Macron? "vu l’état du Parti, ça n’a aucune importance"

Alors que Benoit Hamon ne peut que constater les défections dans son propre camp, Jean-Luc Mélenchon a refusé d'ouvrir de nouvelles discussions avec le candidat du Part socialiste. Un refus qu’Axel Kahn, essayiste et invité ce jeudi de Bourdin Direct, interprète comme une volonté de tuer le Parti socialiste.

Les socialistes doivent-ils sanctionner les déserteurs? Après la défection de Manuel Valls mercredi qui a choisi de soutenir Emmanuel Macron, la question se pose. Selon un sondage Harris Interactive pour RMC, deux tiers des sympathisants socialistes ne veulent pas de l'exclusion de Manuel Valls. C’est également le cas d’Axel Kahn, essayiste, généticien et soutien de Benoit Hamon, et signataire d'une tribune publiée dans Le Monde pour dénoncer le "mépris total opposé" par certains membres du PS "au vote citoyen" de la primaire. Sur RMC, il estime que le Parti n’est pas en mesure d’exécuter des sanctions

"Si le Parti socialiste existait vraiment, avec la capacité de respecter ses statuts, il devrait les exclure. Mais vu l’état dans lequel est le parti, qu’il les exclu ou pas, ça n’a aucune importance, il n’en a même pas la possibilité. De toute façon, le Parti socialiste tel qu’on le connait a cessé d’exister".

"Le premier qui a théorisé cela, c’est Manuel Valls. Il parlait de deux gauches irréconciliables et clairement, les deux gauches passent au milieu du Parti socialiste. Je suis rarement un soutien de Manuel Valls mais il avait raison. Je ne suis pas un inquisiteur alors qu’on les exclu ou pas, peu importe".

Enfin, pour l’ancien directeur de l’institut Cochin, le refus d’alliance de Jean-Luc Mélenchon à Benoit Hamon est révélateur de sa volonté de détruire le Parti socialiste. "Le rêve de Jean-Luc Mélenchon c’est d’avoir deux proies à son tableau de chasse: finir le boulot qu’avait commencé Mitterrand, à savoir la fin du PCF, et s’il pouvait également y ajouter le PS, il serait très content. Peut-être qu’il va y arriver. Le gros problème entre Hamon et Mélenchon, c’est qu’il se partage un électorat qui peut aller de l’un à l’autre et qui a soif d’unité. Je ne dis pas que les programmes sont identiques. Mais lorsque Benoit Hamon a été mis en lumière lors de sa victoire à la primaire, il a évidemment pris immédiatement trois, quatre, cinq pourcents d’intentions de vote à Mélenchon. Et à l’occasion d’un débat où Mélenchon a été excellent, Hamon a perdu ses votes".

Bourdin Direct avec A. B.