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Il appelle à rouler "sur les pistes cyclables d'Anne Hidalgo" pour "exprimer un mécontentement"

Capture d'écran de l'événement Facebook.

Capture d'écran de l'événement Facebook. - DR

Depuis plusieurs mois, Anne Hidalgo est devenue la bête noire de certains automobilistes parisiens. La crise est encore plus aigüe depuis la rentrée et l'ouverture d'une piste cyclable accusée de créer des bouchons monstres sur le quai Georges Pompidou. Sur Facebook, un automobiliste a lancé mercredi soir un événement appelant ceux qui veulent protester à venir rouler sur les espaces réservés aux cyclistes le 1er octobre à l'occasion de la journée sans voiture dans la capitale.

Isaac, 27 ans, est expert-comptable à Paris. Il a lancé un événement sur Facebook intitulé "Rouler en voiture sur les pistes cyclables d'Anne Hidalgo".

"Ce n'est pas l'initiative d'un voyou ni celle de quelqu'un qui veut mettre le foutoir. Je suis expert-comptable de profession. Pour les gens qui comme moi prennent leur voiture, on se rend compte qu'on vit cette transformation comme un matraquage. On ne nous demande pas notre avis, et on ne voit pas les répercussions que ça peut avoir. Ça nous paraît complètement aberrant. J'ai créé cet événement mercredi soir, et je vois que ça prend de l'ampleur. Je trouve ça drôle. Si ça prend de l'ampleur, pourquoi ne pas entamer une action?

"Je n'ai rien contre les vélos"

C'est devenu insupportable, je ne peux plus traverser Paris alors que je dois aller voir des clients. Quand on part du 15e arrondissement pour aller à Bastille, on met 1h30. Alors qu'avant on mettait 20 minutes. Je n'ai rien contre les vélos. Le dimanche je prends le mien et je vais me balader. Et je respecte les gens qui prennent le leur pour aller travailler. Mais aujourd'hui, les pistes cyclables ne sont pas toutes encore ouvertes, et les répercussions sur les automobilistes se voient. C'est un enfer.

L'ironie, c'est justement de le faire pendant la journée sans voiture. Quand cette journée a été lancé, on se disait 'tu imagines, dimanche on ne peut pas prendre notre véhicule'. Maintenant, c'est tous les jours quand on veut se balader dans Paris. Bien sûr, je suis responsable, je ne suis pas fou, je suis conscient des risques. Si les autorités m'appellent pour me demander ce qu'on veut faire, j'aimerais bien qu'on en discute.

"Je reçois des messages un peu provocateurs, quelques menaces"

Quand il y a des gens qui sont 'pour' on ne les entend pas. Mais les gens qui sont 'contre' viennent toujours crier, bouder. Là j'aimerai secouer un peu les gens. Je ne sais pas si ça aboutira. Mais j'attends de voir l'ampleur que ça prendra. On veut exprimer un mécontentement, prendre la température. En attendant, je reçois des messages un peu provocateurs, quelques menaces, c'est drôle.

De la même façon qu'on autorise des gens à manifester pour dire qu'on n'est pas content de Macron ou de la loi Travail, si on nous dit 'vous pouvez rouler de telle heure à telle heure', on ira et roulera. Pour dire que ce n'est pas normal qu'on nous fasse subir ça. Et si on nous dit que ce n'est pas possible, on ne va pas forcer, on n'est pas fou. Mais au moins on aura fait un remous. Aujourd'hui on est passif de cette situation, on la subit".

Propos recueillis par Antoine Maes