RMC

Jusqu'à 190% de hausse: quand le prix de la cantine scolaire explose avec l'inflation

À Saint-Germain-sur-Morin, en Seine-et-Marne, le prix de la cantine a bondi de 190% pour certains contribuables. Cette nouvelle grille tarifaire a été votée par le conseil municipal le 20 avril dernier. Depuis, les familles, en colère, ont été reçues deux fois en mairie.

Les prix de la cantine et des centres de loisirs augmentent drastiquement à la rentrée prochaine pour les habitants de Saint-Germain-sur-Morin, en Seine-et-Marne, atteignant pour certains jusqu'à 190% de hausse.

La municipalité se dit obligée d'augmenter les tarifs pour faire face à l'inflation en France, sans contrepartie financière. En effet, la cantine et les centres de loisirs représentent une dépense d’un million d’euros. Et les parents ne paient que 400.000 euros. Un collectif d’habitants en colère s’est créé et a lancé une pétition, signée par 173 personnes.

"Avec cette augmentation, les enfants n’auront plus rien"

100 à 150 euros de plus par mois, c'est un coup de massue pour Sophie, mère de jumeaux scolarisés en CE1. “On va être obligé de se poser la question, est-ce qu’on continue le sport pour les deux, pour l’un, pour l’autre?”, affirme-t-elle.

Concrètement, pour un mois entier de centre de loisirs, le montant va passer de 700 euros à 1.200 euros pour une famille de deux enfants. Emmanuel, porte-parole des parents en colère, est inquiet pour les familles les plus modestes.

“Les repas de la cantine sont parfois le seul repas équilibré pour certains enfants. Et le périscolaire, c’est peut-être les seules vacances que les enfants vont avoir. Et donc avec cette augmentation, les enfants n’auront plus rien. Et s’ils n’ont plus de repas peut-être que du coup, ils seront devant la télé avec un paquet de chips”, assure-t-il.

Une augmentation de la cantine dans une commune sur deux

Mais Saint-Germain-sur-Morin n'est pas un cas isolé.

“Il y a l’augmentation des prix de l’énergie qui est très importante parce qu’une commune gère beaucoup de bâtiments, qu’il faut chauffer, gérer. Il y a aussi la hausse des coûts des matières premières et notamment alimentaires et puis maintenant la hausse du point d’indice des fonctionnaires à 3,5%. C’est extrêmement important pour les communes”, explique Philippe Laurent, vice-président de l'Association des maires de France.

Une commune sur deux pourrait être contrainte d'augmenter les tarifs de la cantine à la rentrée.

Amandine Réaux avec Guillaume Descours