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Femme morte fin 2018 à Lariboisière: le parquet demande un procès contre l'AP-HP

La femme de 55 ans avait été retrouvée décédée sur son brancard, dans les urgences de l'hôpital Lariboisière en 2018 (illustration).

La femme de 55 ans avait été retrouvée décédée sur son brancard, dans les urgences de l'hôpital Lariboisière en 2018 (illustration). - THOMAS SAMSON / AFP

Une femme de 55 ans avait été retrouvée morte, abandonnée sur un brancard, aux urgences de l'hôpital Lariboisière en décembre 2018. Quatre ans plus tard, le 22 décembre 2022, le parquet de Paris a demandé un procès pour homicide involontaire contre l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

À la suite de la découverte fin 2018 aux urgences de Lariboisière d'une patiente de 55 ans retrouvée morte, abandonnée sur un brancard, le parquet de Paris a demandé, le 22 décembre, un procès pour homicide involontaire contre l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

La procureure signataire des réquisitions, consultées par l'AFP, estime que le décès de Micheline Myrtil "est survenu dans un contexte de défaut caractérisé de surveillance médicale et infirmière, dans un service dont il était connu que les locaux et les effectifs soignants étaient insuffisants par rapport aux besoins".

Micheline Myrtil , née en Martinique en 1963, avait été retrouvée morte le matin du 18 décembre 2018 sur un brancard, près de 12 heures après son admission aux urgences de l'hôpital parisien Lariboisière. La famille avait rapidement dénoncé une prise en charge défaillante.

"Une série de dysfonctionnements"

Un premier rapport d'autopsie avait établi que la patiente était morte "d'une défaillance respiratoire aiguë secondaire à un oedème pulmonaire". Au terme d'une enquête interne, l'AP-HP et l'agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France avaient reconnu une "série de dysfonctionnements", dans un contexte de sous-effectif chronique.

"On meurt dans les hôpitaux en France. Nous nous satisfaisons" de ces "réquisitions de renvoi de l'AP-HP devant le tribunal correctionnel en raison des graves dysfonctionnements touchant le service des urgences de cet hôpital", a réagi auprès de l'AFP Maître Eddy Arneton, avocat de la famille de la victime.

"Il nous semble néanmoins que le parquet ne va pas jusqu'au bout puisque la responsabilité pénale des cadres dirigeants de l'AP-HP pourrait également être engagée. La famille de Mme Myrtil est rassurée par cette avancée mais reste vigilante car elle attend fermement que justice soit rendue", a ajouté l'avocat.

Une situation qui dure depuis longtemps

Le décès de la patiente avait alimenté le débat chronique sur la crise du monde hospitalier, avant même qu'il ne soit secoué par la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19.

Avec des urgences débordées et un manque criant de soignants à l'hôpital comme en ville, l'année 2023 débute par une tension extrême pour le système de santé, en voie de "déliquescence" selon des professionnels qui attendent la "refondation" promise par le gouvernement.

AB avec AFP