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"Je serai payé 2 à 3 fois moins": le médecin marseillais "Doc Amine" va aider l’hôpital public

Amine, un médecin marseillais connu sur les réseaux sociaux comme "Doc Amine", a décidé de quitter le privé pour aider l’hôpital public de La Timone cet été, face au manque de personnel. Une démarche qu’il a expliquée dans "Apolline Matin" ce mercredi, sur RMC et RMC Story.

"Doc Amine" au soutien. Pour aider l’hôpital public de La Timone face au manque de personnel cet été, Amine, un médecin marseillais suivi par plusieurs dizaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux, fait le choix de quitter le privé. "Pour aider les copains et la population", explique-t-il ce mercredi dans "Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story. "La Timone, c’est l’un des plus gros hôpitaux de France, l’un des plus gros services d’urgence. J’ai des copains qui me disent que c’est vraiment difficile pour eux. Ni une, ni deux, j’ai pris rendez-vous avec la chef de service, qui était mon ancienne chef d’équipe quand j’étais interne. Je pense que je vais y retourner en juillet. J’attends de voir ce que me propose la direction des affaires médicales, mais a priori je vais prendre sur moi et je vais y retourner."

Après avoir fait son internat à La Timone pendant la crise du Covid, il a travaillé aux urgences en cliniques et fait des visites pour SOS Médecins à Aix-en-Provence. Retourner à l’hôpital public, ça aura donc un impact financier pour lui. "Je serai payé deux à trois fois moins qu’actuellement, estime Amine. On ne m’a pas encore fait de proposition, mais je sais à peu près ce qu’on va me proposer. Quand je dis à des copains que je retourne aux urgences, il y a deux types de réaction. Il y en a qui me disent : ‘T’as beaucoup de courage’. Et d’autres qui ont un peu la vision : ‘C’est un peu grâce à toi que le système tient. Et tant que le système ne se cassera pas la gueule, personne ne comprendra que c’est vraiment la cata’."

"Tellement triste pour l’hôpital public, pour les soignants et pour les patients"

Pour Amine, la situation de l’hôpital public, avec des services d’urgence qui procèdent d’ores-et-déjà à des filtrations des patients, comme à Bordeaux, est alarmante. "Je trouve ça tellement triste pour l’hôpital public, pour les soignants et pour les patients. A Marseille, il y a beaucoup de précarité. Beaucoup de personnes n’ont pas d’autres recours que d’aller aux urgences. Que ce soit justifié ou pas, ça se discute. Mais si on pousse à l’extrême et qu’on se retrouve à Marseille avec une situation du type Bordeaux, ça va être catastrophique pour la population. On aurait pu anticiper, on en parle depuis dix ans… Je ne comprends pas pourquoi personne n’a rien fait."

Comment expliquer cette pénurie de médecins ? "Il y a différents facteurs, souligne ‘Doc Amine’. Il y a structurellement moins de médecins. Et en plus, la demande de soins augmente, parce que la population vieillit, parce qu’on a plus de maladies chroniques. On est dans un croisement entre la demande qui augmente et l’offre qui diminue, donc on arrive forcément à un point de tension. La Covid a fait office aussi de catalyseur. Toutes les difficultés de l’hôpital public ont été mises au jour. Les gens sont usés, fatigués. J’ai un petit frère et une petite sœur qui sont infirmiers, qui étaient en réa à l’hôpital public. Ils sont partis. Ils font le même travail, dans les mêmes conditions, ailleurs. C’est pareil pour les médecins. Quand on a la vocation, on prend sur soi. Mais on est tous humains, on a des limites. Quand on voit des copains être plus heureux ailleurs, ça fait réfléchir."

LP