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"Le déconfinement me fait peur": l'angoisse des victimes de violences conjugales hébergées d'urgence

Des places d'hébergement d'urgence se sont ouverte durant la période du confinement pour les victimes de violences conjugales qui devaient rester confinées avec un conjoint violent. La perspective du déconfinement les inquiète.

Mardi soir les sénateurs ont voté à l'unanimité un amendement pour que les femmes victimes de violences conjugales ne puissent pas être placées en quarantaine ou à l'isolement avec leur conjoint violent. Pour éviter ce type de situation, un hôtel du Bas-Rhin est resté ouvert pour accueillir et cacher des femmes violentées par leur compagnon ainsi que leurs enfants.

Comme une vingtaine de femmes, Nathalie* a trouvé refuge dans cet hôtel depuis environ 1 mois. Elle appréhende la suite. Elle a les traits tirés, et elle ne peut s’empêcher de jeter frénétiquement des regards inquiets vers la porte de l’hôtel. Pourtant cette mère se sent bien mieux ici.

"J'aimerais que les choses restent comme ça car ici on est protégé"

"On est dans un lieu où les portes se ferment à clé. Quand les portes se ferment, je me sens en sécurité, ça n'a pas de prix. On est dans 10 m2 c'est peut-être pas idéal mais je me sens en sécurité."

"Plus la date du 11 approche, plus j'ai des angoisses"

Elle sait que dehors son bourreau la traque toujours, elle sait aussi qu’à la fin du confinement l’hôtel devra rouvrir au public.

"Ce qui me fait peur c'est le déconfinement, j'aimerais que les choses restent comme ça car ici on est protégé, il n'y a personne dans les rues. Dans la masse des gens, je ne vais pas savoir où il est. Plus la date du 11 approche plus j'ai des angoisses. J'ai l'impression qu'il ne me laissera jamais vraiment."

"Je crains qu'on ait un retour en arrière sur des places créés qui ne seront pas pérennisées à la fin du confinement"

Qu'elle se rassure elle ne sera pas mise à la rue le 11 mai selon Thomas Foehrlé, le directeur de l’association SOS-Femmes solidarité du Bas-Rhin. Ce qu’il craint, c’est la fin de la mobilisation.

"Avec la fin du confinement je crains qu'on lâche du lest. Je crains qu'on ait un retour en arrière sur des places créés qui ne seront pas pérennisées à la fin du confinement."

Depuis le confinement, son association gère une douzaine de mise à l’abri de femme par semaine, contre 2 ou 3 temps normal.

*(le prénom a été changé)

Maxime Brandstaetter et Caroline Philippe (avec J.A.)